Richard Russo est connu pour ses romans sur la Rust Belt, cette «ceinture de rouille» qui s’est abattue, avec la désindustrialisation, sur la côte nord-est des Etats-Unis, de Chicago à Detroit, de Cleveland à Pittsburg, anciens bastions ouvriers du pays. De livre en livre, il crée des petites villes imaginaires en proie au délitement économique, habitées par des femmes et des hommes qui s’accrochent à tout ce qu’ils peuvent pour tenir quand tout s’écroule autour d’eux, à petit feu. Ce déclin, il le traduit par un coup de crayon plein d’humour, voire un sens de l’absurde inimitable. Un Homme presque parfait lui a valu le succès au début des années 1990 avec une adaptation au cinéma et Paul Newman dans le rôle principal. Le Déclin de l’empire Whiting, Prix Pulitzer en 2002, est devenu une série télévisée multi-primée et A malin, malin et demi a obtenu le Grand Prix de la littérature américaine en 2017.

«Trois mousquetaires»

Le romancier surprend aujourd’hui ses lecteurs en changeant de registre avec Retour à Martha’s Vineyard. Si on retrouve l’acuité de son regard sur les relations père-fils, la masculinité, les rapports de classe, Richard Russo opte cette fois pour un drame psychologique qui emprunte quelques traits au thriller et au polar.