Alors qu'Hélène Gaspoz regrette la disparition de l'art de porter le costume évolénard (lire ci-dessus), une affiche placardée sur les murs de Savièse montre justement ces jours le portrait de Madeleine Gaspoz, membre de la famille de son mari, en habit traditionnel. Le portrait, réalisé en 1937, est signé François de Ribaupierre. L'affiche annonce une exposition rétrospective du peintre vaudois qui se tient à la Maison commune de Savièse jusqu'au 5 janvier.

François de Ribaupierre est né à Clarens en 1886, mais il a passé beaucoup de temps dans le val d'Hérens. En 1936, il construit même son atelier-chalet à La Forclaz. La rétrospective de Savièse est constituée presque exclusivement d'œuvres appartenant à des privés. Elles représentent, pour une partie d'entre elles, des sujets typiquement valaisans. Des femmes en costume, des scènes de la vie quotidienne et des paysages de montagne. La Dent-Blanche, qui trône au-dessus d'Evolène, est un modèle de prédilection. Fasciné, François de Ribaupierre a peint ce sommet de plus de 4000 mètres à toutes les heures de la journée, sous tous les éclairages. En poussant jusqu'aux Haudères dans le val d'Hérens, le visiteur peut aussi aller admirer l'intérieur de la chapelle. Le peintre vaudois l'a recouvert d'une fresque étincelante. Il est également l'auteur des vitraux des dix-sept fenêtres.

François de Ribaupierre a fait ses études à Genève entre 1902 et 1905. Il complète sa formation à Munich, Paris et Florence. Son style est influencé par le style Art nouveau et par Hodler. Le Valais, et le val d'Hérens en particulier, a également imprégné son coup de pinceau. Dans ses souvenirs, en 1972, il écrit: «Je suis resté marqué par mes longs séjours au val d'Hérens et mon adhésion à tout ce moyenâgeux qui y était encore si vivant et si sympathique – malgré la dureté de l'existence – il y avait une telle harmonie entre la vie et la nature – l'argent n'étant là que pour une part très minime – et par contre la simplicité du rouage: homme-bétail-pâturage-lait-fromage-viande séchée-herbes-foins et le cycle éternel reprenait indéfiniment.»

François de Ribaupierre, Savièse, Maison commune, jusqu'au 5 janvier.