Les maqâms qui seront interprétés à Genève appartiennent à la grande tradition de Bagdad. Les instruments de l'ensemble «Tchâlghi al-baghdâdî» se composent d'un santur (cithare sur table), d'un djôzé (viole à quatre cordes), d'un tabla (tambour à une membrane) et d'un daff zindjari (tambour sur cadre à cymbalettes). Art savant, le maqâm nécessite un long apprentissage car il s'appuie sur un ensemble de règles codifiées et une terminologie complexe. Le genre poétique et la formule rythmique sont établis par la tradition. L'interprète doit les respecter, mais il peut y ajouter des passages improvisés.

En général, chaque maqâm est précédé d'une muqadima (introduction instrumentale indépendante) et de taqasims (improvisations instrumentales). Les thèmes, toujours lyriques, sont élevés à un niveau mystique. Deux formes poétiques sont utilisées: la qasida, poème en arabe littéraire, ou le mawal, en dialectal. Pour chaque maqâm, la forme est imposée. Par contre, l'interprète a l'entière liberté de choix de ses poèmes dont le répertoire peut remonter jusqu'à la période préislamique.