Une tradition méditerranéenne veut que l’Italie soit toujours présente en Compétition. Paolo Sorrentino et Matteo Garrone n’ayant rien sous le coude, c’est Marco Bellocchio, 80 ans, qui a été réquisitionné. Actif depuis 1965 (Les Poings dans les poches), ce cinéaste de gauche a réalisé quelque 25 films engagés qui ont eu le don d’agacer les autorités ou le Vatican, mais de sacrifier trop souvent la grandeur du cinéma à la primauté du message.

Il Traditore accuse cette faiblesse coutumière. Il retrace la guerre entre parrains de la mafia sicilienne dans les années 1980 et s’organise autour de la figure du «traître» Tommaso Buscetta. Ce soldat de la Cosa Nostra est parti se planquer au Brésil. Arrêté par la police brésilienne, extradé vers l’Italie, désapprouvant la cupidité d’une organisation qui a perdu son sens de l’honneur en assassinant femmes et enfants, le bandit décide d’abjurer son serment et de dénoncer les agissements des mafieux.