Récit

Traduire Aharon Appelfeld, une histoire d’amour

Valérie Zenatti partage généreusement ce que l’auteur du «Temps des prodiges» lui a appris de l’écriture et de la vie

Que se passe-t-il entre un écrivain et celui ou celle qui le traduit? Souvent – pas toujours – la fréquentation approfondie de l’écriture de l’autre crée une sorte de lien. Parfois, ce lien se mue en profonde intimité, en amitié, en amour même.

C’est ce qui s’est passé entre Aharon Appelfeld et Valérie Zenatti, sa traductrice. Elle publie aujourd’hui Dans le faisceau des vivants, un texte émouvant qui déploie et interroge ce qui unissait cette femme à l’écrivain israélien. Ce livre est bien plus qu’un hommage à l’homme disparu en janvier 2018. S’il tend vers le portrait, Dans le faisceau des vivants est aussi une sorte d’autoportrait, un journal de deuil et un carnet de voyage en Israël et en Ukraine, un manuel de traduction et un précis de littérature. Bref, c’est un livre libre, où palpite la vie, une vie amoureuse des mots et de l’humain.