La pénurie maintes fois annoncée de places en soins intensifs, covid oblige, confronte nos sociétés développées à un un dilemme auquel elles ne sont sans doute guère préparées: comment choisir qui sera traité en priorité et qui sera par conséquent écarté, quitte à sacrifier des vies? C’est là un choix terrible, auquel nul soignant ne voudrait se voir confronté. On comprend donc que l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM) ait souhaité l’encadrer le plus strictement possible à travers une série de directives précises et articulées, publiées au début du mois.

Celles-ci visent à épauler les médecins chargés de la sélection en leur proposant une grille de lecture qui permet de «trier» les patients de la manière la plus objective possible, sans déroger aux principes fondamentaux d’équité, de non-discrimination et de respect de la vie qui sont au cœur de l’éthique médicale. En ce sens, le document produit par l’ASSM a également une portée sociétale qui dépasse largement le secteur sanitaire à l’intention duquel il a été conçu.