Ça y est: le calendrier indique juillet et, surtout, le retour des scènes. Le monde de la musique live et des festivals reprend enfin des couleurs, de quoi égayer son été… ou ses vacances scolaires. «A part du shopping et le Luna Park, pas grand-chose n’a été proposé aux 16-25 ans cette dernière année et demie», déplore Caroline Grondahl, directrice du Transforme Festival. Qui, justement, s’apprête à combler ce vide: facilitée par les derniers assouplissements sanitaires, la quatrième édition du rendez-vous genevois, conçu par et pour les jeunes, aura bien lieu en fin de semaine.

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Né en 2018, le festival est dès le départ investi d’une mission: valoriser, par le biais d’un projet culturel, les filières professionnelles du canton. Qui souffrent d’une image peu flatteuse. «On entend malheureusement encore beaucoup parler de l’apprentissage comme d’une voie de garage, qui ne mériterait pas les lauriers du parcours maturité-université», déplore Caroline Grondahl. Quoi de plus adéquat qu’une fête du hip-hop, hymne ultime de la génération Z, pour passer le message et fédérer les troupes?

Construction, hôtellerie, technique, commerce… de l’infrastructure à la scénographie, le projet fait appel au savoir-faire des différentes filières, au fil de l’année, pour donner vie au festival. Et à un show solide: en 2019, Transforme réunissait quelque 3000 personnes sur le site des Centres de formation professionnelle à Lancy, où s’ébrouaient de jeunes artistes sélectionnés dans le cadre d’un tremplin annuel.

De l’affiche au bar

Depuis, la pandémie est passée par là, contrariant quelque peu les ambitions des organisateurs. Il n’empêche, ces derniers mois, l’équipe de Transforme a pu mettre en place divers projets mêlant rap et apprentissage. Les élèves en cursus Interactive Media Design, par exemple, ont été chargés de réaliser des capsules vidéo avec les cinq finalistes du tremplin 2021. Les deuxièmes année en graphisme, eux, se sont affrontés pour imaginer l’identité visuelle du festival – l’affiche, et ses ondulations vert pomme, est signée de la lauréate. Des bacs floraux qui habilleront le terrain du festival, dans la zone industrielle de La Praille, sont l’œuvre la filière Nature et Environnement.

Quant au bar où viendront s’abreuver les festivaliers, on le doit à une équipe d’apprentis menuisiers. «A chaque fois, nous sommes attentifs à ce que ces projets aient du sens pour les apprentis et soient valorisés dans leur cursus scolaire, précise Caroline Grondahl. Notre but, c’est d’aller au plus proche des jeunes, voir ce qu’ils aiment, ce qu’ils écoutent ce qu’ils attendent de la vie.»

Et parce que le rap se déclame aussi comme un exutoire, des ateliers ont été organisés avec des élèves au parcours plus sinueux, coachés par des noms connus du paysage rap comme Makala et KT Gorique, ou encore Dyno274, dont le premier clip a été produit ce printemps par les surdoués d’Exit Void sous la houlette du festival.

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Le Vaudois au flow sans âge est à l’affiche, paritaire, de cette édition 2021. A ses côtés, Luv Resval, future supernova venue de l’Essonne, ou la Genevoise Dark Queen, qui jongle entre beats surchauffés et paroles tamiles. Devant ces jeunes maelstroms, 500 personnes par soir (sans masques ni certificat covid), debout mais sans danser, disent les règlements fédéraux. Tant pis: cet été, les hochements de tête voudront tout dire.


Transforme Festival, vendredi 2 et samedi 3 juillet à la Fondation Partage, dans la zone industrielle de La Praille, Genève. Billetterie en ligne uniquement. Entrée dès 16 ans.