Berne

Danse

Elle virevolte dans sa longue robe… et semble vouloir l’arracher. Des gestes bruts, incandescents qui trahissent la difficulté d’être soi. Pode ser, de la chorégraphe française Leïla Ka, a été primé cinq fois à l’international. Celle qui mêle volontiers danse urbaine, théâtralité et questions d’identité emmène ce solo, ainsi que deux autres courtes pièces, sur les planches biennoises. Dont la bien nommée Se faire la belle – qui invite à en faire autant. V. N.

Leïla Ka. Nebia de Bienne, je 24 à 20h.

Genève

Musique

Issu des prestigieux Wiener Symphoniker, l’Orchestre de chambre du Concert-Verein a été créé en 1987. Depuis, les musiciens arpentent la planète, enregistrent nombre de disques et produisent leurs propres concerts à la salle Brahms de la célèbre institution viennoise. L’ensemble passe en tournée par Genève où il donnera, sous la baguette de Pablo Boggiano, deux symphonies de Mozart (KV 201 et 196/121), ainsi que le Concerto pour violon No 5 du même Amadeus et la Romance op. 11 de Dvorak. Le jeune et talentueux Canadien Timothy Chooi tiendra l’archet. Grâce et romantisme au programme. S. Bo.

Le Wiener Concert-Verein. Victoria hall, me 23 à 20h.

Riche soirée en perspective ce jeudi! D’un côté, le fougueux violoniste Nemanja Radulovic est invité par l’Orchestre de chambre de Genève au BFM dans Tzigane de Ravel et le 3e Concerto de Mozart, entre des pièces de Webern, Schnittke et Haydn, placées sous la direction de Sian Edwards. De l’autre, le célèbre pianiste Ivo Pogorelich occupera le Victoria Hall pour un récital tout dévolu à Chopin, son compositeur de prédilection. Il faudra choisir… S. Bo.

Nemanja Radulovic. BFM, je 24 à 20h; et Ivo Pogorelich. Victoria Hall, je 24 à 20h.

On dira qu’avec les deux Messins de Scorpion Violente les synthés crissent pour créer quelque chose qui tient tout à la fois d’une messe noire de série Z italienne et de la résurrection d’Alan Vega. Les lignes de basse clapotent comme un marais en surchauffe qui lance de l’acide, les rythmes cliquettent, les voix proviennent de derrière ce qui ressemble bigrement à une porte en métal très épaisse. Une belle fête froide. P. S.

Scorpion Violente. Le Rez-Usine, sa 19 à 21h30.

Spectacles

Amir Reza Koohestani excelle dans la description dépouillée d’épisodes cruciaux d’une vie. Dans Summerless, vu à La Bâtie, il racontait l’embarras d’une mère dont la fillette était amoureuse de son professeur de dessin. Le tourniquet d’une école disait l’impasse. Nouveau non-lieu avec En transit: à travers un personnage féminin, Koohestani retrace sa propre garde à vue à l’aéroport de Munich pour être resté cinq jours de trop dans l’espace Schengen. Une réalité absurde qu’il mêle à une réalité plus tragique: Transit, un roman d’Anna Seghers évoquant les exilés de la Seconde Guerre mondiale. M.-P. G.

«En transit». La Comédie, du 23 février au 6 mars.

Simon Senn est passionné par l’intelligence artificielle. Dans son précédent travail, Be Arielle F, il a acheté en ligne la réplique numérique d’un corps féminin qu’il animait au moyen de capteurs placés sur son propre corps, de sorte à éprouver le trouble d’une autre identité. Dans ce nouveau pari, l’artiste a confié toutes ses données digitales à Tammara Leites, développeuse informatique, qui, sur cette base, a conçu un robot nommé dSimon capable de penser, d’écrire et de parler comme le vrai Simon. Peut-être même mieux que son modèle… Suspense! M.-P. G.

«dSimon». Le Grütli, du 24 février au 6 mars.

Dans Chattologie, la comédienne Alice Bié tient une conférence-spectacle qui explique les menstruations dans un langage direct et décomplexé. Au départ, de 2017 à 2019, c’était l’activiste Klaire fait Grr, qui disait ce texte de Louise Mey dont le but, réussi, est de montrer que le sexe féminin, ni sale ni honteux, a un long chemin à parcourir avant d’être réhabilité. L’an dernier, la conférence s’est doublée d’un livre illustré du même nom et, entre poils et fuites, c’est un délice de suivre la déconstruction de tous les mythes destinés à enfermer le féminin. M.-P. G.

«Chattologie». Le Douze dix-huit (Grand-Saconnex), du 23 au 27 février.

Lire aussi: «Chattologie», le spectacle qui dit tout sur les menstruations

Neuchâtel

Musique

La basse est le plus bel instrument du monde – les bassistes ne sont pas les seuls à le penser. C’est aussi une bête très versatile, et Loïc Grobéty (que l’on connaît pour son travail musculaire dans Convulsif) le montre parfaitement avec son projet solo OLO: là, la basse devient un générateur de nappes sombres (Sombre, c’est d’ailleurs le titre de l’album qu’il a sorti l’an passé), un pur enveloppement par le bas. OLO partagera cette soirée avec un autre extenseur de la basse: Sébastien Pittet, alias WANU. P. S.

OLO. KVO, Corcelles-Cormondrèche, di 20 à 17h.

Valais

Spectacle

Diplômée de la Manufacture, Catherine Travelletti aime que les acteurs s’engagent à fond dans le processus de création. Avec ses six interprètes, dont la très puissante Fiamma Camesi, cette metteuse en scène qui s’est également formée à la dramathérapie s’interroge sur le fait que, malgré toutes les informations concernant le péril écologique, on continue à détruire la planète. Conçu comme une thérapie de groupe, mais un peu fada, Matricide propose «un monde où nos actes deviennent poésie pour tenter de trouver la lumière qui est là, quelque part». M.-P. G.

«Matricide». Théâtre Les Halles, Sierre, jusqu’au 26 février.

Exposition

Si la beauté du Valais convoque spontanément des images de sommets enneigés et majestueusement découpés, c’est à la plaine du Rhône, cette mal-aimée, qu’est dédiée la nouvelle exposition du Manoir de Martigny. Quatre artistes et collectifs posent leur regard sur ce lieu de vie, d’industrie et de production agricole qui s’est passablement transformé au fil des décennies. Parce que le paysage, lorsqu’il ne s’affiche pas en cartes postales, vaut d’autant plus la peine qu’on le regarde. V. N.

«Paysages oubliés: regards sur la plaine». Manoir de Martigny, jusqu’au 22 mai.

Vaud

Musique

On connaissait le duo Torchon & Ganj pour son électronisme tout en saturations, rythmiquement haletant et plein d’effilochages – à témoin leur EP éponyme sorti en 2019 conjointement par les labels CAF? et BRKN. L’Association du Salopard, qui organise le concert dont on parle ici, annonce que les Lausannois tenteront quelque chose de tout à fait différent: «un live multi-canal résolument noise». On gage que se maintiendra la pertinence de leur propos. P. S.

Torchon & Ganj. Cinéma Bellevaux, Lausanne, ve 25 à 20h.