Le printemps 2007 avait connu La Belle Voisine, festival pluridisciplinaire mis sur pied par Pro Helvetia à cheval sur la France et la Suisse. L'automne 2008 voit éclore Les Transvoisines, du 3 au 31 octobre, première édition d'un rendez-vous dédié aux musiques actuelles (chanson, pop, rock, electro ou hip-hop). Le jazz a déjà, lui, le transfrontalier JazzContreband. Pro Helvetia en est encore l'un des principaux bailleurs de fond, avec le Conseil régional de Rhône-Alpes.

Les Transvoisines programment vingt concerts, sur dix dates disséminées, dans dix salles romandes et rhône-alpiennes. L'objectif de l'événement est d'agrandir l'audience et l'horizon artistiques des talents retenus conjointement par la Fondation CMA (pour la chanson et les musiques actuelles, Suisse), le Totem Chambéry, et Dessous de scène Productions (France).

Les Romands Thierry Romanens (même si ce n'est plus vraiment une découverte!), Lole, Kruger ou Marc Aymon y côtoieront les Français Vincent Gaffet, Alain Klingler, Karimouche ou Nicolas Fraissinet dans des plateaux mixtes. L'electro-rock du Genevois Love Motel et le slam du Français Gore-Text ouvrent ce samedi soir à Fribourg le volet helvétique.

L'éparpillement, une force

Le budget des Transvoisines, selon son coordinateur en chef, Jean-Luc Rousselet, est de «40000 euros. 50-60% sont absorbés par l'enveloppe artistique, 30 par la communication et le reste par la logistique et l'opérationnel». Est-ce à dire, si le tiers du budget va à la communication, que l'idée des Transvoisines est difficile à vendre? «Ce n'est pas évident en France, hormis dans les médias régionaux et dans quelques titres spécialisés. Mais c'est logique d'un point de vue territorial, vu l'abondance nationale de l'offre. Je reste persuadé qu'à terme on y attachera plus d'intérêt. L'idée de fond des Transvoisines a une vraie pertinence. Par contre, je suis surpris par le bon accueil général réservé par les médias romands.»

Ne faudrait-il pas quelques locomotives en têtes d'affiche pour offrir un meilleur éclairage aux découvertes? «Ce ne serait pas antinomique à l'avenir». Et cibler un genre? «On s'est mis des bâtons dans les roues seuls, en diversifiant les styles, en éclatant la géographie du festival et sa durée. Mais paradoxalement, c'est cet éparpillement inédit qui fait notre force».

Les Transvoisines. Jusqu'au 31 oct. Rens. http://www.dessousdescene.com