L’Almanach de Péter Nádas court de février mille neuf cent quatre-vingt-sept à janvier mille neuf cent quatre-vingt-huit: il tient à écrire ces chiffres en toutes lettres, comme pour ancrer cette année dans la durée. En 1986, Le Livre des mémoires (Plon, 1998) l’a rendu célèbre. Ce vaste roman annonce l’immense monument des Histoires parallèles (Plon, 2012). Almanach est moins ambitieux par sa forme et ses dimensions, mais on y retrouve cet art de glisser d’un thème à un autre, dans des enchaînements imperceptibles au premier regard.

Agé de 45 ans, l’écrivain a quitté Budapest pour un tout petit village près de la frontière avec l’Autriche. Il y a un côté Les Travaux et les jours dans l’énumération de ses nouvelles occupations: faucher le pré, tailler le poirier, étaler du torchis sur le sol du grenier. Des gestes que ses ancêtres pratiquaient et qu’il doit apprendre.