bijoux

Trésors nomades, en jade et corail

La Fondation Baur accueille la collection Ghysels

Raconter les espaces immenses qui conduisent de la Chine au Caucase, ces toits du monde aux pans accidentés, et cela à travers les objets de taille réduite, et portatifs, que sont les bijoux: tel a été le projet de Colette et Jean-Pierre Ghysels, qui ont voyagé à la recherche des ornements aujourd’hui montrés à la Fondation Baur à Genève.

L’exposition dédiée à leur collection est simplement répartie selon les régions et les coutumes. La Chine ouvre la danse, la danse des couleurs et des matières, avec les pièces sans doute les plus raffinées, telles ces épingles à cheveux et autres délicatesses de la dynastie Qing, en or filigrané et plumes de martin-pêcheur, qui chatoient sous le feu des spots. De la Chine aussi, ces diverses nuances du jade, qui caractérisent des parures remontant jusqu’au néolithique.

Chez les peuples nomades, en Mongolie, au Tibet, au Népal, s’ajoutent la teinte rougeoyante du corail et de la cornaline, les reflets assombris de l’ambre, qui dialoguent cette fois avec l’argent le plus souvent et rehaussent les pièces massives que sont les coiffes ou de lourds colliers, pièces auxquelles les femmes et les hommes devaient leur prestige et à travers lesquelles ils l’exhibaient.

Talismans

Certaines tribus offraient à leurs femmes, dès l’adolescence, de très nombreuses parures, dont elles s’allégeaient au fil des âges de la vie, jusqu’à ne plus rien porter, la vieillesse venue. L’exposition entraîne le visiteur en Asie centrale, parmi les peuplades turkmènes ou caucasiennes, puis auprès des habitantes de l’Inde du Nord, du ­Pakistan et de l’Afghanistan, aux pendeloques tintinnabulantes.

Elle vaut surtout pour le lien établi entre le privilège, et la nécessité, de porter ces fruits d’un art virtuose et tout un ensemble de rites et de coutumes, hérités sans doute de l’imaginaire, mais aussi du culte des dieux et du désir de se prémunir contre les désastres et notamment les maladies.

Bijoux, talismans, amulettes, éléments de la dot et «réserve monétaire», tels furent, et sont encore, dans une certaine mesure et dans certaines régions, ces coiffes, pendants d’oreille, ceintures, bracelets et épingles, en aucun cas de simples colifichets.

Fondation Baur, rue Munier-Romilly, Genève, tél. 022 704 32 82. Ma-di 14-18h. Jusqu’au 3 mars.

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