Tom Waits est enfin en phase avec son époque. Pendant que les Beatles déchiraient l'air du temps dans les sixties, il jouait dans un obscur groupe de r'n'b The Systems. Pendant la déferlante psychédélique il découvrait le jazz des années 40 et les poètes de la beat generation. Et pendant que la pop des années 80 se ridiculisait dans une débauche de coupes de cheveux romantiques, l'Angelenos fidèle citait Raymond Chandler. Vingt-six ans après l'album Closing Time (1973), le monde a enfin rattrapé Tom Waits, le rejoignant dans son univers à la fois nostalgique et surréaliste. Quelques étoiles significatives pour se retrouver dans son ciel.

Bone Machine et Mule Variations. Les deux derniers albums de Tom Waits tendent à la perfection de son style schizophrène, entre doux et dur. Ne dit-il pas lui-même qu'il n'arrive pas à choisir entre devenir Jimi Hendrix ou Frank Sinatra.

Step Right Up: the songs of Tom Waits. Un album compilation où des groupes rendent hommage à Waits. Lui qui s'est fait connaître du public américain en étant repris par Bruce Springsteen et The Eagles (Ol'55).

Extremely Cool. Le deuxième album de Chuck E. Weiss en… dix-huit ans de carrière. Il zonait dans les alentours du Tropicana Motel pendant les années 70 avec Tom Waits (qui produit l'album) et Rickie Lee Jones, Madame Waits à l'époque. Cette dernière a d'ailleurs tiré le portrait de Chuck E dans son célèbre hit: «Chuck E's in love». Probablement sa plus grande heure de gloire jusqu'ici.

Jim Jarmush. Le cinéaste a fait de Tom Waits une icône dans son film Down By Law. Et la bande originale de son film Night on Earth en 1992 est aussi signée Waits. Le cinéma avait déjà offert une seconde vie à Waits en 1982, quand Francis Ford Coppola a commandé les chansons du film One from the Heart au jeune auteur qui en avait marre de la vie en tournée. Il rencontre sa femme Kathleen Brennan sur le tournage.

Sa collaboration au théâtre coule ensuite de source avec The Black Rider créé à Berlin par Bob Wilson sur un livret signé William Burroughs. Le disque sorti en 1993 a été réenregistré à Los Angeles. Franks Wild Years est son propre opéra en deux actes créé à Chicago en 1985. Quant à son opéra Alice, créé en 1990 au Thalia Théâtre de Hambourg avec le même Bob Wilson, il reste malheureusement inédit sur disque.

A. Cr.