En 2012, Genève fêtera son Jean-Jacques. Rousseau y est né un 28 juin 1712. Son enfance est une blessure qu’il soignera plus tard dans de grands textes: sa mère meurt en le mettant au monde; à l’âge de 10 ans, il quitte le quartier de Saint-Gervais, entraîné par son père; à 16 ans, il s’embrase du côté d’Annecy dans les bras de Madame de Warens. Rousseau est l’enfant de l’orage, cent fois détrempé, cent fois éclairci, ami de Diderot et des Encyclopédistes, adversaire de Voltaire, protégé du prince de Conti. Il écrit sur tout, le théâtre et son immoralité, la botanique, l’éducation, la religion. Et sur lui.

Cet arpenteur est le héros d’une multitude de manifestations à Genève et en Europe: Istanbul accueille du 2 au 4 mai un colloque consacré à ses liens avec la Turquie; Grenoble se penchera en octobre sur son «exigence d’authenticité». Genève, elle, proposera une exposition au Musée d’ethnographie dès le 15 juin. Mais aussi un colloque, du 13 au 16 juin. A l’automne, le directeur de la Comédie, devrait monter L’Affaire Rousseau. Ou comment l’Emile a valu à l’écrivain d’être condamné en 1762. Le livre a été brûlé. Il n’en fallait pas davantage pour conforter Jean-Jacques dans sa paranoïa. Il a été très mal-aimé, avant d’être révéré.