Le décor et le temps

Le triomphe de la bourgeoisie

La révolution de 1848 vaudra l’exil à Eugène Sue, accusé d’y avoir contribué en écrivant «Les Mystères de Paris»

«L’esprit particulier de la classe moyenne devint l’esprit général du gouvernement; il domina la politique extérieure aussi bien que les affaires du dedans: esprit actif, industrieux, souvent déshonnête, généralement rangé, téméraire quelquefois par vanité et par égoïsme, timide par tempérament, modéré en toute chose, excepté dans le goût du bien-être, et médiocre; esprit, qui, mêlé à celui du peuple ou de l’aristocratie, peut faire merveille, mais qui, seul, ne produira jamais qu’un gouvernement sans vertu et sans grandeur»: Tocqueville résume la tonalité de la monarchie de Juillet (1830-1848). Les Mystères de Paris illustrent la misère du peuple, l’exploitation des ouvriers, des femmes, des enfants mais aussi les turpitudes de la noblesse, dont la France peine à se libérer. Des émeutes éclatent. La police est omniprésente. En 1848 éclate la révolution qui aboutira à la IIe République et au Second Empire en 1852. C’est, pour Eugène Sue, le temps de l’exil, car le gouvernement considère que Les Mystères de Paris sont pour beaucoup dans les troubles politiques.

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