Classique

Trios en diptyque

Deux soirées consécutives au Conservatoire ont rendu honneur au trio dans des configurations différentes. Réjouissant

Une salle, trois musiciens sur scène. Rebelote le lendemain dans le même lieu. La formation en trio, moins fréquentée que celle du quatuor, n’est pas exceptionnelle. Mais en deux soirs consécutifs, les différentes configurations proposées au Conservatoire de Genève ont composé un diptyque passionnant. Et les personnalités invitées à se réunir à trois ont offert des tableaux colorés et contrastés.

Une volonté commune d’équilibre

Lundi, Migros Classics rassemblait le violoniste Corey Cerovsek, le violoncelliste Henri Demarquette et le pianiste Fabrizio Chiovetta. Formation traditionnelle, donc, avec programme en rapport: Mozart (le K. 542), Brahms (l’Op.1 no 3) et Schubert (le D.929 op. 100). Entre les trois, l’entente se dessine dans cette écoute si attentionnée des chambristes qui ne se fréquentent pas sur le long terme. La pâte sonore se fond dans une volonté commune d’équilibre et de respect. Chaque personnalité existe de façon indépendante.

Mais chacun se place en retrait pour laisser l’expression des autres se déployer, à l’inverse des groupes anciens qui, à force de se connaître, ne forment naturellement plus qu’un instrument. La finesse lumineuse du violoniste, la sensibilité vibrante du pianiste et la solidité attentive du violoncelliste se répondent. Encore en retrait dans Mozart, le lyrisme et le feu du jeu se sont libérés dans un Brahms rhapsodique et un Schubert enflammé.

Des artistes de haut vol

Mardi, Caecilia accueillait le clarinettiste Paul Meyer, l’altiste Gérard Caussé et le pianiste Nelson Goerner. Des artistes de haut vol dans des œuvres à trois, ou à deux. Avec eux, la magie d’une musicalité épanouie a ouvert la soirée sur un autre monde. Entre la rigueur rayonnante de la clarinette, l’accompagnement frissonnant du piano et le jeu engagé et libre de l’alto, Mozart («Les quilles»), Schumann (Fantasiestücke pour clarinette et piano Op.73, et Märchenbilder pour alto et piano Op.113) et Bruch (Huit pièces Op.83 pour les trois instruments) on a touché cette grâce qui donne des ailes à certains concerts et fait planer le public.

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