Le cinéphile, comme tout passionné, est souvent un incorrigible gourmand. Les festivals de Locarno, et ses festins de pastas, ou de Cannes, et ses cocktails dînatoires, montrent combien l'art de la table accompagne souvent l'amour des films. A Neuchâtel, le Festival international du film fantastique (NIFFF) pouvait-il trouver meilleur film d'ouverture, ce lundi soir, que 28 Jours plus tard du Britannique Danny Boyle? Dans le canton qui peut se vanter d'avoir inventé les «tripes à la neuchâteloise», les sponsors et élus présents pour le couper du ruban apprécieront sans doute ce film terrifiant – l'un des plus crispants de ces dernières années.

Auteur du fiasco intitulé La Plage (avec Leonardo DiCaprio), Boyle revient à des valeurs terre à terre. Il décrit la survie d'une poignée de personnages dans un monde transformé par un virus à incubation rapide qui a dévasté Londres et, hors champ, le reste de la planète: une morsure ou une goutte de sang contaminé et la victime devient en quelques secondes un dément assoiffé de sang.

Visite en petite caméra DV (image poisseuse) dans un cauchemar de morts-vivants, 28 Jours plus tard partage, avec la recette des «tripes à la neuchâteloise», un goût pour les délicats tissus, autant que pour les onctueux boyaux gras. Sans oublier l'élément essentiel de la recette, celui qui forme à la surface de la cuisson une pellicule imperméable: des grosses noix de saindoux (le scénario ne s'attarde pas question psychologie). De quoi plonger immédiatement le public dans le bouillon d'un NIFFF qui proposera également, jusqu'à dimanche, des plats plus raffinés.

Chronique consacrée au 3e Festival international du film fantastique (NIFFF), qui se déroule à Neuchâtel du 1er au 6 juillet.