L’ultime ouvrage d’Alfredo Catalani

Si le réalisateur Jean-Jacques Beinex n’avait pas utilisé l’air de La Wally dans son film Diva en 1991 (Wilhelmenia Wiggins Fernandez a fait fondre une génération de cinéphiles!), l’opéra d’Alfredo Catalani ne serait probablement pas sorti de l’indifférence qu’il rencontra après sa création pourtant triomphale le 20 janvier 1892 à Milan, sous la baguette de Toscanini. Le livret de Luigi Illica, tiré du roman Die Geier-Wally, de Wilhelmine von Hillern, n’est pas d’un intérêt passionnant. La partition recèle pourtant quelques jolis passages. Et l’ensemble ne manque pas de charme malgré le romantisme un rien suranné de l’histoire.

Où il est question d’une orpheline de mère, que le riche père sans cœur veut forcer à épouser un prétendant qu’elle n’aime pas (Gellner). Amoureuse de Giuseppe Hagenbach, la jeune fille préfère partir que se soumettre. Après moult contretemps et malentendus entre les amoureux et leurs rivaux, tout finira tragiquement dans les neiges du Tyrol, où l’un et l’autre perdront la vie dans une avalanche.

L’ultime des cinq opéras d’Alfredo Catalani connaîtra lui aussi une triste suite. Le compositeur disparaît en effet à 39 ans seulement, 19 mois après la création de sa Wally, dont il attendait une ­reconnaissance internationale. Miné par une longue dépression et une santé entamée par la phtisie, Catalani s’éteint le 7 août 1893. Et son opéra sombre dans l’oubli. S. Bo .