Thriller (1982, Epic)

L’an dernier, on célébrait à juste titre l’un des plus grands albums de l’histoire de la pop moderne. Ne serait-ce que par l’ampleur de ses ventes, quelque 104 millions aux dernières homologations officielles, l’incunable Thriller (1982) de Michael Jackson restera une œuvre hors norme. Produit par Quincy Jones, comme l’a été Off the Wall (1979) et le sera Bad (1987), Thriller fait partie d’une trilogie phonographique qui a couvert et marqué les années 80. Un triptyque inouï. Dont Thriller est l’authentique pierre angulaire. Le roi de la pop se rêvait Beatle noir, ses chansons confirment ses ambitions. Un clin d’œil à Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band en intro de «Billie Jean» (http://www.dailymotion.com/relevance/search/Billie + Jean/video/x32c9p_billie-jean-motown-25_music), un duo avec Paul McCartney sur «The Girl is mine», Jackson démontre sa volonté de synthétiser les racines musicales noires et blanches. Neuf morceaux suffisent pour parfois bâtir une mythologie. Et Thriller pulvérise absolument tout sur son passage quand tour à tour le groove infernal de «Beat It» comprenant la guitare heavy metal d’Eddy Van Halen, «Wanna Be Startin’ Somethin’», «Human Nature», «P.Y.T. (Pretty Young Thing)» et enfin le monumental «Thriller» (http://www.dailymotion.com/relevance/search/Thriller/video/x17pli_micheal-jackson-thriller-dance-vide_fun) prennent le relais de «Billie Jean».

Off the Wall (1979, Epic)

Déjà Off the Wall et son cocktail épicé de soul, apprêté de disco, de rock et enrobé d’une certaine guimauve était parvenu à séduire loin à la ronde. Quintessence d’un funk blanc à la fois sophistiqué et chatoyant d’un jeune homme de 20 ans à visage pas encore pâle. Cinquième album solo du roi précoce de la pop produit par Quincy Jones, Off the Wall constitue surtout un nouveau départ pour Michael Jackson. Et révèle une voix haut perchée quelque peu extraterrestre. Un mutant du funk qui délivre notamment l’irrésistible rouleau compresseur qu’est «Don’t Stop ’til You Get Enough». L’autre recette miraculeuse de cet album reste «Burn this Disco Out», dont la partition mélange Giorgio Moroder au funk de Earth, Wind & Fire et au Phily Sound. Un titre signé par l’Anglais Rod Temperton (ex-Heatwave) à qui l’on doit aussi l’imparable scie qu’est «Rock With You».

Bad (1987, Epic)

Au-delà du fait que Bad n’a cessé de souffrir de la comparaison avec les deux précédents albums novateurs de Michael Jackson qu’ont été Off the Wall et Thriller, le disque achève tout de même très dignement la collaboration avec Quincy Jones. Et permet à Bambi de s’affranchir définitivement de la tutelle Jackson 5. Cinq titres de Bad marquent

les esprits, outre la démentielle chanson éponyme avec ses orgues fous: «The Way You Make Me Feel», le troublant «Man in the Mirror» et le très puissant «Dirty Diana», trésor en matière d’arrangements. Un album «en béton» comme dira Quincy Jones, qui correspond aussi au départ de la propagation planétaire du virus «Moonwalker».