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Trois curiosités suisses au NIFFF

Le Festival du film fantastique de Neuchâtel montre trois œuvres fortes, dont une, coproduction romande, en compétition

La Suisse au Festival du film fantastique de Neuchâtel, c’est sporadique. Les responsables du NIFFF tentent d’encourager l’émergence du cinéma de genre dans un pays qui n’y est pas coutumier. Il y a eu déjà plusieurs bons exemples, les courts métrages offrent une assise régulière, mais la présence des œuvres demeure variable. Cette année est donc faste, avec trois long métrages mis en avant, dont un dans la compétition internationale.

A propos de cette édition du NIFFF:  Le NIFFF élargit son exploration de l’imaginaire mondial

Les tourments de «Der Unschuldige»

Der Unschuldige ne sortira pas en Suisse romande, il faudra guetter la RTS et Arte. Il représente une excellente surprise de Simon Jaquemet, après le remarqué Chrieg, en 2014. Sur le papier, Der Unschuldige peut inquiéter: on parle des affres psychologiques d’une mère de famille active dans la recherche, et chrétienne, dont la vie est bouleversée par la sortie de prison de son ancien amour. De fait, le film se révèle original, riche dans ses dimensions, avec une curiosité rare: se situer dans le milieu des Eglises évangéliques, avec leurs séances de contrition collective, la constante pression du groupe gorgé de bons sentiments, et l’agitation du mâle alpha, le prédicateur. Le réalisateur explique s’être inspiré d’un fait divers, mais y avoir ajouté cette dimension religieuse: «J’aurais moi-même tendance à être sceptique. Mais la religion amène des questionnements que pose aussi la science.» Le film oscille entre plusieurs registres, plongée psy, interrogations fondamentales et ironie parfois finement décapante.

Lors des prix de 2015, où concourrait «Chrieg»: Le cinéma suisse célèbre deux films médiocres

Les ados des «Particules»

Changement de contexte avec Les Particules, en compétition, qui se déroule dans le Pays de Gex natal de son réalisateur, Blaise Harrison. Venu du documentaire, il en garde certaines recettes pour raconter une histoire d’ados paumés, avec des acteurs amateurs et un réalisme presque constant. Presque, parce qu’en parallèle à ces vies d’ennui, de fumette et de vagues amours se glissent les frémissements de la matière élémentaire. Après tout, nous sommes au-dessus du parcours du LHC, l’énorme accélérateur de particules du CERN. Salle pleine pour le dévoilement du film à Neuchâtel, il revient jeudi.

La baignoire de «Das Höllentor von Zürich»

Les amateurs peuvent basculer dans l’arty zurichois avec Das Höllentor von Zürich, de Cyrill Oberholzer, narration syncopée pour une odyssée en salle de bains. Le film ne met pas en scène son actrice, Lara Stoll – slameuse, comédienne et cinéaste; c’est elle-même qui se met en scène, jusqu’aux plis les plus intimes. Gavée de Minipic, alors qu’elle doit se préparer pour l’Eurovision, elle se coince une main dans l’écoulement de sa baignoire. L’expérimentation colorée cède le pas à une divagation sur le temps présent et à un enfer corporel.


«Das Höllentor von Zurich». Au NIFFF, Neuchâtel, mercredi 17h15. «Les Particules», jeudi 17h15.

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