Jazz. Steve Swallow-Dave Liebman-Adam Nussbaum. Three For All - We Three. (Challenge Jazz/Musikvertrieb)

Deux titres, c'est beaucoup pour un disque sans duplicité où tout coule de source. Ce double énoncé est surtout une façon d'insister sur l'aspect trinitaire d'une embardée où le chiffre trois n'est qu'une concession à l'arithmétique, dont le propre a toujours été de segmenter l'unité originelle et jubilatoire. Parce qu'il est clair dès la première écoute que la jubilation est au début, au milieu et à la fin de cette épique qui n'a rien du trio de grosses pointures (ils le sont pourtant) pour festivals de l'été mais tout du commando de kamikazes ivres de certitudes swingantes.

«A new combination of old friends», c'est le sous-titre du projet et l'aveu d'une complicité qui exclut les préséances et les prérogatives, fussent-elles de l'âge. C'est donc dans le désordre, par eux souhaité, qu'on les donne.

Il y a Dave Liebman le vorace, que son inappétence pour le top 50 des souffleurs bien calibrés relègue dans des marges grouillantes de créativité. Il y a Steve Swallow le bidouilleur, à la sonorité de parasite brouilleur de trop lisses lignes de basse. Il y a Adam Nussbaum le comploteur, faux flegmatique toujours en avance d'une trouvaille rythmique.

Ce qui nous retient de balancer cette galette disque de l'année? Juste la crainte d'hypothéquer les six mois qui nous séparent de la fin de l'exercice 2006. On en reparlera.