Un personnage qui regarde par la fenêtre et voit un enfant qui n’est autre que lui-même: depuis quand est-ce devenu un cliché? Depuis que des cinéastes moins doués que Bergman ou Carlos Saura se sont emparés de cette belle idée poétique, sans doute. Ainsi en va-t-il de Mères et filles, joli film guère plus inspiré que son titre, mais qui a quand même de quoi émouvoir un large public, avant tout féminin.

Le carnet de grand-mère

La jeune femme revenue sur les lieux de son enfance, c’est Audrey, en visite chez ses parents sur la côte atlantique alors qu’elle vit depuis dix ans au Canada. Hélas, les tensions avec sa mère Martine refont aussitôt surface et Audrey, qui hésite à annoncer qu’elle est enceinte, préfère se réfugier dans la maison vide de ses grands-parents. Elle y découvre un carnet de sa grand-mère Louise, qui avait jadis abandonné mari et enfants. Et si c’était là la source de tous leurs problèmes?

Ce qui s’ensuit équivaut à une sorte de thérapie familiale, un peu lente à se mettre en place, mais qui finit par porter ses fruits. Une fois Marina Hands (Lady Chatterley), Catherine Deneuve (toujours l’air fâchée de jouer des mères) et Marie-Josée Croze (d’une discrétion exemplaire) chacune bien dans son rôle, l’émotion est là et on est pris.

Plus largement, le film démonte les mécanismes de la transmission et cerne ses répercussions tant intimes que sociales avec une certaine acuité. Quel dommage dès lors qu’un manque flagrant de mise en scène – déjà perceptible dans Bord de mer, premier opus de la cinéaste pourtant distinguée par une Caméra d’or à Cannes en 2002 – empêche de dépasser l’impression d’un scénario sagement illustré!

Mères et filles, de Julie Lopes-Curval (France/Canada 2009), avec Marina Hands, Catherine Deneuve, Marie-Josée Croze, Michel Duchaussoy, Jean-Philippe Ecoffey, Carole Franck.1h45.