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De gauche à droite: le ténor Bernard Richter, la basse Rubén Amoretti et la soprano Brigitte Hool. 
© Anne de Chambrier

Classique

Trois grandes voix neuchâteloises à l'unisson

Un récital au château de Cormondrèche réunira ce week-end Brigitte Hool, Rubén Amoretti et Bernard Richter, grands vocalistes originaires du canton de Neuchâtel, pour un moment de musique intimiste et en plein air

L’une s’est produite à la Scala de Milan, l’autre au «MET» de New York et le troisième foulera bientôt la scène du prestigieux Opéra national de Vienne. Brigitte Hool, Rubén Amoretti et Bernard Richter sont tous trois chanteurs lyriques. De grands noms du classique affichant des carrières internationales cinq étoiles et des agendas surchargés. S’ils ont pris le temps de se retrouver pour une répétition ce matin, au château de Cormondrèche, c’est parce qu’ils ont un autre point commun: des racines profondément neuchâteloises.

Qu’ils aient grandi dans la région ou l’aient adoptée plus tardivement, comme pour Rubén Amoretti, arrivé d’Espagne à 24 ans, c’est bien à Neuchâtel que ces trois voix ont trouvé leur voie. En empruntant le chemin du Conservatoire de La Chaux-de-Fonds, avant de rejoindre celui des plus grandes scènes mondiales.

Péristyle d’opéra

Un concentré de virtuosité locale surprenant, mais relativement peu remarqué dans le canton. «Nous ne sommes pas toujours au courant de ce que deviennent nos talents, alors qu’ils sont très actifs hors de nos frontières», regrette Anne Aymone de Chambrier, musicienne et présidente du Péristyle, une association qui organise expositions et concerts de musique de chambre dans le salon du château de Cormondrèche depuis 2013.

C’est elle qui a proposé aux trois solistes de se réunir, sur les terres de leurs débuts, pour un récital un peu particulier. «Cet événement est une sorte d’hommage à leurs parcours respectifs, et l’occasion de réaliser un vieux rêve: celui de transformer ce lieu, tellement théâtral, en scène en plein air.»

Il est vrai que le péristyle du château, une terrasse extérieure à l’italienne avec colonnades et escaliers en pierre, a tout d’un décor d’opéra. C’est sur ces marches qu’évolueront les chanteurs, à quelques mètres des gradins qui accueilleront plus de 200 spectateurs.

Tubes d’opéra

Au programme, quinze extraits de grands opéras français ou italiens, entre la Traviata de Verdi, Carmen de Bizet ou encore le célèbre «Casta Diva» issu du drame lyrique de Bellini, Norma. Des «tubes» exigeants dont les arrangements ont été réécrits spécialement pour un accompagnement réduit: un petit ensemble à cordes et un piano à queue.

Un moment de musique privilégié dans un cadre intimiste et idyllique, le vignoble et le lac de Neuchâtel s’étirant en contrebas, mais également l’occasion de se réunir. Brigitte Hool, Rubén Amoretti et Bernard Richter se sont souvent croisés dans leurs jeunes années, ont parfois chanté ensemble et sont devenus bons amis. Des amis qui, depuis qu’ils enchaînent les rôles prestigieux, n’ont pourtant eu que très peu d’occasions de mêler leurs vibratos.

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L’atmosphère est donc celle de retrouvailles entre vieux copains. «On a commencé à aller sur scène ensemble ici. Revenir, c’est se retrouver, se faire plaisir aussi», sourit le ténor Bernard Richter. «Lorsque l'on chante avec des gens que l’on connaît, il y a tout de suite plus d’aisance, de simplicité, c’est l’amitié qui s’invite sur scène», ajoute la soprano Brigitte Hool.

Le plaisir aussi de retrouver une région à laquelle les solistes restent très attachés. «Paris, Vienne, Milan sont des villes extraordinaires, mais on revient toujours ici pour se régénérer. Les meilleurs moments, c’est ceux où je peux aller me balader en forêt, mes partitions à la main», poursuit Bernard Richter.

«On reconnaîtra tout le monde!»

Un peu de pression tout de même pour ces enfants du pays, qui ne veulent pas décevoir ceux qui les ont vus évoluer. «Ce n’est pas évident de venir chanter devant son public. A la Scala, lorsque le rideau s’ouvre, il s’agit d’un spectacle comme un autre. Ici, si on se met à regarder dans les tribunes, on reconnaîtra tout le monde!»

Un public avec qui les chanteurs auront l’occasion d’échanger autour d’un apéritif, organisé à la fin de chacune des deux représentations. «S’il nous reste de la voix», plaisante Brigitte Hool. Au terme du week-end, l’association tirera le bilan de l’expérience, qu’elle espère pouvoir exporter dans d’autres lieux en Suisse. Les trois solistes, eux, n’y verraient pas d’inconvénient.


Info: Opéra Open Air: Les Trois Solistes, Château de Cormondrèche, le samedi 17 juin à 19h30, et le dimanche 18 juin à 17h.

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