Il y a des personnages qu’on laisse entrer chez soi le temps d’une tasse de thé et qui finissent par rester une semaine. Certains déplacent les meubles, d’autres changent le disque qui tourne en boucle depuis des mois. En refermant la porte – ou le livre – après eux, leur parfum, leurs déboires et leurs enseignements flottent encore dans l’air un long moment.

C’est le cas des trois héroïnes du roman d’Anna Hope. Pourtant, c’est sur la pointe des pieds qu’Hannah, Cate et Lissa quittent Nos Espérances, dans une révérence finale pleine de grâce, une pirouette ensoleillée, une page ouverte sur l’avenir. Le récit se termine où il a commencé: sur les pelouses de London Fields, à Hackney, un quartier du nord-est de Londres dont la gentrification épouse les formes de leurs ascensions personnelles. Elles y ont partagé une maison au début des années 2000.