«Offrir des perspectives»: tel était l’objectif d’Alain Berset en dévoilant cet après-midi les prochaines phases de la lutte contre la pandémie. Des perspectives qui, pour le secteur culturel, ne s’annoncent pas radieuses: aucune extension des jauges n’est prévue avant fin mai. Un semblant de feuille de route tout de même pour les organisateurs de grandes manifestations estivales, dans le flou et l’attente, à qui ce message semblait s’adresser?


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Les principaux intéressés ne se disent pas rassurés – pour ceux qui n’auraient pas déjà annulé leur édition 2021… «Si c’était une lettre qui nous était adressée, elle ressemble à une page blanche avec une signature en bas», résume Michael Drieberg, patron de Live Music Production et fondateur du festival Sion sous les étoiles. Las, il regrette le «manque d’engagement sur des éléments et un calendrier concrets, même au conditionnel, qui nous aurait permis de répondre aux artistes et au public. Si on nous avait dit que les manifestations au-dessus de 1000 personnes étaient impossibles cet été, on aurait déjà annulé.»

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Il n’en est pas encore question pour Sion sous les étoiles, encore au programme mi-juillet. La décision sera prise à la fin du mois, précise Michael Drieberg, qui relève toutefois que ni l’organisation de concerts-tests, ni le débat crucial sur une potentielle assurance annulation relancé par le parlement n’ont avancé. «Quand ils se pencheront dessus, il devra y avoir consultation devant les cantons. On sera en été et ce sera trop tard…»

Avec des pincettes

De temporalité, il est aussi question chez Opus One. Son directeur Vincent Sager regarde déjà au-delà des beaux jours. «Le mal est fait: la saison des festivals 2021 n’aura pas lieu. De notre côté, la seule perspective que nous voyons, c’est une reprise partielle à l’automne.» La faute à l’anticipation nécessaire à l’organisation des tournées et au grand nombre de variables et d’acteurs impliqués. «On est encore démuni quant à la manière dont la relance va se jouer. En résumé, ce sont des signes à prendre comme ils sont, pas un socle solide sur lequel s’appuyer.»

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Même prudence du côté du Cully Jazz. Si les phases du Conseil fédéral et ses potentiels assouplissements de juillet plaident pour la version revisitée du festival prévue en août, celles-ci sont à prendre avec des pincettes, note son directeur Jean-Yves Cavin. «On a appris à ne pas trop y croire tant qu’on n’en voit pas la couleur.» Même chose pour le passeport covid mentionné par Alain Berset. «Au niveau logistique, je peux entendre que l’aviation civile s’en donne les moyens. Mais je vois moins les organisateurs de manifestations s’équiper pour contrôler quelque chose dont on ne connaît pas encore la forme. Et est-ce que nous voulons même avoir accès à ces informations?»