Lausanne, le canton de Vaud, la Suisse ont gagné leur pari: accueillir en 2020 les troisième Jeux olympiques de la jeunesse. Pour ce pays, et à l’orée du 1er août, la nouvelle est excellente pour trois raisons au moins.

La première: dans un pays où les enthousiasmes collectifs et unanimes sont rares pour les projets d’envergure; où les polémiques picrocholines ne tardent jamais à pointer leur nez; où les sceptiques s’ingénient à scier les élans et où ce sont bien souvent les frileux qui ont finalement le dernier mot, la candidature lausannoise a été un modèle que vient aujourd’hui récompenser la victoire. Ce modèle a carburé à l’unanimité politique (si l’on fait exception bien sûr des grincheux de services qui sortiront toujours leurs revolvers dès qu’ils entendent les mots sport et olympisme), au sens du réseautage, à l’énergie, à la confiance en soi et à la compétence intrinsèque.

La deuxième bonne nouvelle, c’est la dynamique qui va maintenant se poursuivre et s’accélérer pour mener à bien un projet aux retombées aussi diverses qu’excitantes: au plan sportif, au plan architectural, au plan technologique. On se souvient du formidable bouillon de culture et de carrières que constitua l’Exposition nationale de 1964. Un demi-siècle plus tard, c’est (toutes proportions gardées) à un mouvement semblable que l’on va assister: des étudiants et des professeurs de l’UNIL, de l’EPFL, de l’Ecole hôtelière vont phosphorer intensivement pour les projets qui ne manqueront pas d’être développés. Des architectes, des aménagistes, des ingénieurs vont conjuguer leurs talents et leurs savoir-faire pour résoudre les défis que constituera l’accueil des jeunes athlètes et du public. Toute une population, enfin, va bander ses énergies pour assurer à la manifestation le meilleur accueil. Un tel dispositif est une bénédiction pour les jeunes générations de ce pays à qui est offert ainsi un véhicule pour s’accomplir et se transcender.

La troisième raison de se réjouir est enfin liée à l’image que se donnent ainsi une ville, un canton, un pays, en organisant une telle manifestation. En termes touristiques et en termes générationnels, bien sûr. Mais aussi, et surtout, en termes politiques: car les Jeux olympiques de la jeunesse 2020 s’inscrivent parfaitement dans l’ADN de Lausanne, capitale - et maintenant ville - olympique et d’une Suisse hâvre rêvé de fédérations sportives mondiales qui nous plébiscitent.

Et comme l’on sait, le sport c’est toujours plus que le sport: cela a à voir aussi avec la géopolitique.