Après Ruth Dreifuss (2000), Zep (2005) ou encore Roger Federer (2008), c’est au tour du sociologue Jean Ziegler, de l’architecte Peter Zumthor et de l’écrivain Martin Suter d’entrer dans le cercle des Helvètes du Petit Larousse. Sortie ce mardi, la mouture 2011 est tirée à près de 600 000 exemplaires.

«Depuis plusieurs années ces personnalités faisaient partie des éligibles, explique Jacques Florent, directeur éditorial des dictionnaires Larousse à Paris. Leurs carrières respectives ont plaidé en leur faveur.» Une reconnaissance à laquelle ces figures ont accédé grâce à leur notoriété grandissante. «Le principal critère pour entrer dans le Larousse c’est d’avoir acquis une certaine renommée que nous mesurons par l’écho médiatique dont a bénéficié la personne, par la reconnaissance accordée à son œuvre et sa longévité ou encore par les distinctions qu’elle a reçues. Le Pritzker d’Architecture (équivalent du Nobel pour le domaine ndlr) obtenu en 2009 par Peter Zumthor a joué un rôle déterminant dans son arrivée. Tandis que pour Martin Suter ou Jean Ziegler c’est le succès en librairie de leurs ouvrages qui leur ont permis de s’imposer.»

Tous les ans, près de 50 nouvelles personnalités sont introduites à l’édition de la Semeuse. «La trentaine de personnes qui composent la rédaction se réunissent annuellement, poursuit Jacques Florent. Les responsables de chaque département (histoire, physique, politique etc.) proposent des figures méritoires, soit repérées par leur soin ou recommandées par des conseillers extérieurs, c’est-à-dire des ingénieurs, académiciens, chercheurs ou encore critiques qui nous aident également à écrire les définitions très pointues. Nous procédons ensuite à un vote pour entériner la liste des élus.»

Et les sortants? Ceux qui disparaissent d’une édition à l’autre? «Tous les quinze ans nous reconsidérons chaque entrée. Et nous nous demandons si leur notoriété ou leur œuvre justifie toujours une mention.»

Mais à l’heure du numérique et des encyclopédies en ligne – même Larousse propose la sienne en libre accès sur Internet –, un dictionnaire a-t-il encore sa raison d’être? «Absolument, assure le directeur éditorial. J’en suis même le premier étonné. Les personnalités sont toujours honorées de faire partie de notre ouvrage. Ils nous disent que ça leur rappelle des souvenirs d’enfance, des choses tendres.»

Face à l’infobésité d’Internet, le Petit Larousse préfère le sélectif à l’exhaustif. «Nous sommes obligés de faire des choix car de toute façon on ne pourrait pas tout mettre dans un volume. Raison pour laquelle, contrairement à Internet, nous hiérarchisons les contenus, nous en choisissons certains au détriment d’autres qui nous semblent moins pertinents. Et c’est aussi à ça que doit servir aujourd’hui un dictionnaire: porter un regard avisé sur le monde, imposer une vision.»

Près de 50 nouvelles personnalités sont introduites tous les ans.