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«True Detective» revient à ses fondamentaux

La RTS et OCS Teleclub dévoilent ce lundi soir la troisième saison de la création de Nic Pizzolatto, critiqué lors de sa deuxième saison. La nouvelle histoire bénéficie d’une impressionnante performance de l’acteur Mahershala Ali

Cette fois, c’est l’Arkansas, dans le nord-ouest de l’Etat. Une géographie moins typée que le bayou de Louisiane ou les zones rurales californiennes, avec leurs plantations d’agrumes et leurs usines qui rouillent.

Ce lundi soir, la RTS et OCS, via Teleclub – qui nous a permis de voir quelques épisodes – dévoilent la troisième saison de True Detective. Elle s’inscrit dans ces régions de forêts fatiguées et de cités disloquées, avec la visite de renards du désert sur lesquels tirent, ou pas, des flics désœuvrés en soirée, bière à la main. Une nature quelconque, même grisâtre, qui accroît l’intensité du drame: deux enfants ont disparu. C’était dans les années 1980, et le drame obsède toujours l’inspecteur Hays (Mahershala Ali), qui a procédé à la première enquête avec son collègue West (Stephen Dorff).


Trois précédentes chroniques sur «True Detective»


Trois périodes du récit

Une affaire marquante, deux flics qui investiguent en révélant peu à peu leurs failles? Oui, sans conteste, cette troisième livraison par l’auteur Nic Pizzolatto revient aux fondamentaux de cette anthologie d’histoires sordides. La première saison reposait déjà sur un tandem et ses sinuosités. Le dispositif rappelle aussi les débuts, avec un interrogatoire de Hays en 1990, bien après les faits. La narration à plusieurs temporalités de l’auteur se complexifie, puisqu’il y ajoute le temps présent. Hays, qui perd la mémoire, est interviewé par une journaliste, et revient donc à nouveau sur la disparition des deux enfants.

Sous son soleil de Californie, avec ses intrigues mafio-politiques, la deuxième saison avait été massivement critiquée, à notre sens un peu injustement. Ceux qui pensaient que True Detective est une formule parfaite déchantaient. Le mérite revenait pourtant à l’écrivain et scénariste de tenter autre chose, même s’il y avait quelque confusion dans l’ensemble. Cette fois, Nic Pizzolatto, qui a fait son université dans l’Arkansas, rebâtit donc sur les fondations de sa collection d’histoires.

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Un même acteur pour quarante années

La dimension du duo de flics se révèle cependant moins marquée. On pressent vite que tout tourne autour du personnage de Hays – que Mahershala Ali, vu dans Treme puis House of Cards, incarne au travers des quatre décennies, ce qui représente une spectaculaire performance d’acteur. A voir le début de cette troisième saison, fort attendue, le risque majeur vient d’une certaine indolence du récit. L’auteur assume sa lenteur, au risque de l’ennui. Mais tout est en place pour une nouvelle sombre histoire américaine.

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