Les Arnaqueurs VIP, c'est d'abord un générique. En pastel, avec des caractères dansants et un thème post-jazzy. La TV expire des bouffées d'insouciance des années 60-70. Après un triomphe sur la BBC, Les Arnaqueurs VIP (Hustle) a pris le tunnel sous la Manche et s'invite sur M6 le dimanche après-midi. Avec, là, un accueil plus frais que le fog londonien. Dommage, ces tribulations d'escrocs sympas se dégustent sans peine.

La bande est emmenée par Mickey (Adrian Lester, vu dans Primary Colors), vrai brigand du millénaire, un Robin des bois vissé à son téléphone portable. Son répondant et modèle est Albert (Robert Vaughn, 130 films dont Bullitt), le vénérable tricheur aux cartes. Entre eux, le passe-partout Ash, le novice Danny et la belle rationnelle Stacie. Ce club des cinq aux grands cœurs («on n'est pas des voleurs», assure Mickey) s'amuse à déplumer tout ce que le royaume compte de patrons de casinos véreux et d'arrivistes qui lorgnent le portefeuille de leur voisin.

Les Arnaqueurs VIP ne renverse rien. Après un habile premier épisode, la série offre même des scénarios plutôt convenus, soutenus par les astuces cavalières des Cinq, mais qui reposent sur l'élémentaire identification à ces honnêtes arnaqueurs. Le feuilleton pèche là où les séries doivent briller, l'écriture. Mais les maîtres d'œuvre, le créateur Tony Jordan et Bharat Nalluri à la réalisation, façonnent leurs épisodes avec une rapidité goulue qui emballe. Un montage serré et élégant à la fois, une musique techno-rétro omniprésente qui fait couler chaque scène de la précédente, un maniérisme dandy dans le décor d'une Londres d'acier filtrée en couleurs chaudes: Les Arnaqueurs VIP, c'est le swing du polar, l'After Eight des séries, un plaisir sucré aux goûts multiples.