Comment être informé au plus vite d’une situation lorsque, par la faute d’une panne géante d’électricité, les TV, radios ou ordinateurs sont muets et aveugles? Avec un téléphone portable et un réseau social comme Twitter. C’est en tout cas ce qu’a expérimenté le site web de la Télévision Suisse Romande lundi soir, peu après le début de la panne électrique qui a plongé dans le noir une bonne partie de Lausanne. Comme les autres sites d’information peu après 20h, tsr.ch était en manque de renseignements sur l’importance, la durée ou les raisons de la panne. Or la consultation des courts messages des «Twitterers» lausannois a permis à la TSR de prendre rapidement la mesure du court-circuit, qui était massif, puis de savoir quels quartiers étaient affectés, où l’électricité revenait, etc.

Si bien que le site tsr.ch a pu annoncer la panne une demi-heure à peine après son déclenchement , puis compléter peu à peu son information. L’ATS n’a donné la nouvelle qu’un peu avant 22 heures.

Si la TSR comme d’autres rédactions a déjà tiré parti de Twitter et de Facebook pour obtenir des témoignages ponctuels, ou se tenir au courant d’événements majeurs à l’étranger, c’est la première fois qu’elle utilise ainsi le «crowdsourcing» (l’information participative) en Suisse romande. En l’occurrence, les messages postés lundi soir sur le site de microbloggage n’étaient pas très nombreux: une trentaine à peine. Mais ces «twits» ont eu une fonction d’alerte et de réalisation immédiate de l’ampleur de l’événement. Quelques photos ont également été publiées sur le réseau social.

Rappelons que Twitter a été mis à profit par les opposants au régime iranien lors des récentes manifestations à Téhéran. Ils ont pu témoigner en temps réel de la répression avec des courts messages, des photos et des vidéos sans que le pouvoir en place ne puisse censurer leurs messages.