Les polices de caractères sont partout. Pourtant nous prenons rarement le temps de nous intéresser au dessin des lettres que nous lisons. Cette semaine, «Le Temps» vous propose une plongée dans le vaste univers de la typographie.

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Avant l’avènement de l’informatique et la démocratisation des outils de composition graphique, il allait de soi qu’une police de caractères – un objet concret, fabriqué avec du métal – devait être achetée et utilisée par des professionnels. Depuis, la numérisation a poursuivi son œuvre et internet a révolutionné l’écosystème de la typographie. Aujourd’hui, alors que tout un chacun utilise presque quotidiennement des polices d’écriture, beaucoup ignorent le fait que la plupart d’entre elles sont protégées par le droit d’auteur et qu’elles doivent être achetées auprès de leurs propriétaires. Souvent des entreprises ou des indépendants qui vivent de ce commerce.

Nommées fonderies en référence à l’époque révolue où les caractères étaient encore fabriqués en plomb, ces entreprises sont parfois des multinationales. L’américaine Monotype a été rachetée par un fonds d’investissement en octobre 2019 pour près de 20 dollars par action, valorisant l’entreprise à 835 millions. Après avoir fait l’acquisition de plusieurs catalogues de maisons historiques n’ayant pas survécu au tournant des années 1990, Monotype est désormais propriétaire, entre autres, d’Helvetica, de Times New Roman, de Bodoni ou encore d’Arial. Autant de noms entrés dans le langage courant grâce à l’universel logiciel de traitement de texte Word.