Première impression du livre d’Eric Dussert et de Christian Laucou: la reliure s’est décollée – bel exemple pour un livre qui se veut un plaidoyer de l’art du livre! Je m’apprêtais à m’en ouvrir à l’éditrice. Or cette couverture qui laisse apparaître le dos de cahiers cousus relève en fait de la mise à nu et non de la négligence. Et c’est alors que le miracle intervient: le livre que l’on a entre les mains est un objet, avec son papier, ses encres, sa typographie, ses cahiers cousus, sa couverture à rabats, toute sa fantaisie en somme, et on lit l’objet avant de lire les mots imprimés – l’objet à petit prix n’en est pas moins un objet précieux. Les amoureux du livre (et ils ne manquent pas) savoureront ce traité de savoir-vivre à l’usage de tout un chacun: et si l’alphabétisation passait par la connaissance typographique, cette autre écriture, cette littérature dans l’ombre?

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