Dès lors, presque personne ne parle de la série TV. Ce jeudi commence sur la chaîne américaine NBC la diffusion des huit épisodes de The Slap (La Gifle) , adaptation d’une minisérie australienne, sur les conséquences d’une claque donnée à un enfant durant une fête. Sauf que depuis lundi soir, la gifle vient de l’actrice Uma Thurman elle-même, qui est apparue peu reconnaissable lors de la première, et différente de son aspect dans la série. Pommettes évaporées sur un visage qui semble avoir été passé à la vapeur, regard fauve apeuré: qu’est devenue la généreuse Vénus des Aventures du baron de Münchausen , la rebelle à l’air toujours ado de chez Tarantino? Les réactions fusent. Luc Besson dit sa surprise dans un tweet: «La crise de la quarantaine touche décidément tout le monde. Pauvre #UmaThurman mais pourquoi? Pourquoi????»

«Méconnaissable», le mot s’impose. «Uma Thurman méconnaissable: aurait-elle eu recours à la chirurgie esthétique?» résume Aufeminin.com, lequel, sans répondre, relève que «certains affirment que cette apparence inhabituelle serait simplement le résultat d’un maquillage minimaliste et de sa coiffure plaquée». Le journal belge L’Avenir va dans le même sens: «[…] Hormis sa bouche rouge, c’est l’absence totale de maquillage qui interpelle. Si son teint est parfait, il n’y a ni mascara, ni fard, ni blush… une tendance repérée lors des derniers défilés parisiens!»

Une twitteuse grince…

Ce qui n’empêche pas la compétition des sarcasmes. «Retrouvez très prochainement Uma Thurman dans «50 Nuances de Botox», ricane un gazouilleur. Une autre essaie de lancer le mot clé #LeBotoxCestLeMal. Très citée et imitée depuis mardi soir, une twitteuse grince: «Perso je ne la trouve pas très réussie la statue d’Uma Thurman du Musée Grévin!» Au reste, l’actrice a sa figure de cire au musée Madame Tussauds d’Hollywood, inspirée de Kill Bill , qui paraît loin de ce qu’elle est devenue.

L’Obs a voulu faire le tour de la question: cet affolement autour de ce visage est-il ridicule, ou non? Pour la défense de ceux qui s’emballent, l’auteure note que «j’en ai assez de constater, chaque jour, que la plupart des célébrités sont refaites de la tête aux pieds». Et de citer le précédent de Renée Zellweger, apparue en novembre dernier avec une apparence troublante. Le Temps écrivait alors: «Face à l’image de la nouvelle Renée Zell­weger, on se sent pendant un instant comme si notre système de reconnaissance faciale, si crucial pour naviguer dans notre monde social, était en défaut.»

C’est exactement ce qui se reproduit ces jours-ci avec Uma Thurman. Y compris dans la polémique. Le site américain Health publie ainsi une tribune furibonde contre cet emballement: lorsqu’une star quadragénaire se présente en public, «elle est fichue de toute manière. Soit on jugera qu’elle devient trop vieille, soit on l’accusera de tout tenter pour cacher le fait qu’elle devient trop vieille.» Il faut donc «laisser Uma Thurman tranquille».

Mais à l’occasion, on pourra regarder The Slap. Ironie, l’actrice y a remplacé en dernière minute Mary-Louise Parker ( Weeds ). Inspirée d’un roman de Christos Tsiolkas, la série originale australienne passionnait par son analyse des familles, mises en relief par la controverse due à la gifle: geste légitime, ou pas? Autre visage, autre débat.