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Avec un air de #MeToo, Israël a remporté l'Eurovision

Inspiré par la vague anti-harcèlement, l'exubérante chanson «Toy» de Netta Barzilai a raflé la mise samedi soir à Lisbonne. Le vote du public a été déterminant

Israël a remporté samedi soir la 63e édition de l'Eurovision, lors de la grande finale à Lisbonne. Le pays était représenté par la chanteuse Netta Barzilai dont le morceau "Toy" inspiré par l'esprit #MeToo a été plébiscité par le public.

«Merci beaucoup d'avoir choisi la différence, merci beaucoup d'accepter les différences entre nous, merci de célébrer la diversité... La prochaine fois à Jérusalem!», s'est exclamée en pleurs celle qui assume ses rondeurs avec fierté sur la scène de l'Altice Arena, la plus grande salle de spectacle du Portugal. «Je suis si contente», a encore dit Netta Barzilai, âgée de 25 ans, après avoir reçu le trophée.

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Les téléspectateurs ont fait penché la balance

La chanson de l'artiste israélienne (25 ans) était inspirée par l'esprit du mouvement d'émancipation des femmes #MeToo. Et c'est grâce aux téléspectateurs des 43 pays participants que la chanteuse s'est imposée. Car à l'issue du vote des jurys professionnels nationaux, l'Autrichien Cesar Sampson était en tête du classement, à la surprise générale.

«J'adore mon pays», lancé Netta Barzilai devant 11 000 enthousiastes arborant drapeaux ou vêtements aux couleurs de leurs nations respectives. «Je suis vraiment surpris et heureux. C'est une belle façon de fêter le 70e anniversaire de l'Etat d'Israël», a témoigné Ariel Lopstein, un fan de 43 ans venu de Madrid.

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Grande concurrente, «Fuego»

Avec sa voix puissante, ses grimaces et ses mouvements imitant une poule sur fond de musique de danse emballante, elle a remporté le duel annoncé par les bookmakers qui l'opposait à la représentante de Chypre. La chanteuse grecque d'origine albanaise Eleni Foureira proposait, elle, la chanson intitulée «Fuego», un morceau de pop sensuel au refrain accrocheur chanté en anglais qui lui a valu d'être comparée à Shakira ou Beyoncé.

Vague d'enthousiasme à Tel-Aviv

La victoire de Netta a provoqué un immense vague d'enthousiasme en Israël, qui avait déjà remporté l'Eurovision à trois reprises, en 1978, 1979 et 1998. Des centaines de fans ont exprimé leur bonheur en dansant devant la mairie de Tel Aviv, certains se jetant même tout habillés dans le plan d'eau situé sur cette esplanade.

Netta a été félicitée par téléphone par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui lui a dit: «Tu es la meilleure ambassadrice d'Israël, nous t'aimons.»

Elle succède ainsi au chanteur portugais Salvador Sobral, sacré l'an dernier à Kiev avec une ballade jazzy, qui lui a remis le trophée du vainqueur après avoir déclaré cette semaine que sa chanson était «horrible».

Une représentation censurée en Chine

Suivi par des dizaines de millions de téléspectateurs, le marathon audiovisuel disputé depuis 1956 a encore une fois offert un pot-pourri de genres musicaux assortis de costumes extravagants et de mises en scène provocantes.

Dans un registre plus intimiste, mais également osé, la ballade de l'Irlandais Ryan O'Shaughnessy était accompagnée d'une danse romantique entre deux hommes, qui lui avait valu d'être censurée en Chine au cours de la retransmission de la première demi-finale.

Seul imprévu, la prestation de la candidate britannique SuRie a été interrompue par un spectateur qui est monté sur scène et s'est brièvement emparé de son micro. Il a été interpellé par les autorités.

Avec un budget de 20 millions d'euros, le plus bas de ces dix dernières années, la télévision publique portugaise RTP avait conçu un spectacle plus «théâtral», limitant le recours aux projections vidéo et aux nouvelles technologies.

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