Un beau livre pour faire le tour de 25 ans de séries

Télévision De «Twin Peaks» et «Les Simpson» à «True Detective», soixante-huit productions sont analysées

La subjectivité de l’ouvrage est revendiquée sur sa couverture: «Le meilleur des 25 dernières années selon Taschen», précise un sous-titre à L’Univers des séries TV, soit un beau livre de plus de 700 pages, et d’un poids conséquent, pour 68 analyses de ce qu’on appelait jadis feuilleton, soit un genre devenu en deux décennies – sitcom y compris – narrativement plus passionnant que nombre de films de cinéma ayant comme seul objectif de reproduire des recettes éprouvées destinées à ratisser un public le plus large possible.

Le point de bascule, si on ne devait en retenir qu’un seul, ce serait évidemment Twin Peaks, cette série labyrinthique d’une inventivité folle, sortie des cerveaux féconds de David Lynch et Mark Frost à la fin des années 80. Pour la première fois dans l’histoire du petit écran, une production osait plonger le spectateur dans le doute, multipliant les fausses pistes et les séquences oniriques, privilégiant l’atmosphère au détriment de l’histoire. Il se passe beaucoup de choses dans les deux saisons de Twin Peaks (une troisième est prévue pour 2017), les personnages sont admirablement écrits, mais dans le fond, ce qui compte c’est l’ambiance surréaliste, sans égale à la télévision malgré quelques belles tentatives dans les années 60, comme Chapeau melon et bottes de cuir et Le Prisonnier. Dans la liste des titres établie par le professeur allemand Jürgen Müller, et présentée chronologiquement, Twin Peaks n’est néanmoins pas la première entrée. Diffusée une année plus tôt, dès 1989, Les Simpson a les honneurs du premier article.

Record de longévité

La série animée créée par Matt Groening est en effet elle aussi importante. Parce qu’elle est l’une des premières à avoir été autant sarcastiques envers les Etats-Unis, et aussi parce qu’elle détient le record de longévité – ses 27e et 28e saisons sont en préproduction.

Comme L’Univers des séries TV propose un panorama subjectif, on l’a dit, les amateurs pourront s’agacer de la présence de tel titre ( Battlestar Galactica ) ou de l’absence de tel autre ( Big Love ), comme de son côté américano-centriste. Mais ils apprécieront à n’en pas douter la pertinence des commentaires.

Jürgen Müller (éd.), «L’Univers des séries TV». Ed. Taschen, 744 p.