Un aveu d'enfant d'abord. Le soussigné rêverait de fouler le tout nouveau plancher Arlequin de la Salle communale des Eaux-Vives, fief désormais de l'Association pour la danse contemporaine (ADC), 150 jours par an. Sa souplesse peu commune suscite tous les élans. Il n'a d'ailleurs son équivalent dans aucun des théâtres jusqu'alors occupés par l'ADC. Mieux, quand un marcheur candide s'y aventure, il est comme saoul, s'amuse Claude Ratzé, directeur de l'ADC. Bref, ce plancher est un symbole: il témoigne de l'excellence des outils désormais à disposition des chorégraphes et danseurs genevois. Grâce à 450 000 francs octroyés par la Loterie romande, ceux-ci bénéficient d'une infrastructure digne de ce nom, «kit démontable» selon l'expression de Claude Ratzé, mais opérationnel.

«C'est une étape importante qui nous permet d'attendre avec moins d'impatience la naissance de la Maison de la danse à Lancy», souligne le programmateur. Et c'est vrai que le paysage chorégraphique romand promet de s'étoffer formidablement. Tout comme Philippe Saire à Lausanne à la tête de Sévelin 36, qui assure une programmation, l'ADC aura ses murs. Conséquences immédiates: «Dès la saison prochaine, chaque production locale se jouera dix fois, ce qui est unique en Suisse romande, explique Claude Ratzé. Quant aux accueils, ils seront à l'affiche une semaine. Nous aurons une saison riche de douze spectacles et nous proposerons pour la première fois un abonnement.» Embourgeoisement alors? Non. L'ADC partagera son toit avec d'autres associations, ce qui impliquera des opérations démontage lourdes. Bref, la Maison de la danse reste l'horizon rêvé.