Il y a dans l’art de Ferdinand Hodler quelque chose de résolument moderne. Cela a été encore brillamment montré il y a trois ans lorsque plusieurs expositions et événements sont venus célébrer le centenaire de sa disparition. Né à Berne en 1853, mort à Genève en 1918, l’artiste est notamment à l’origine du «parallélisme», une théorie esthétique dont il a développé les grands axes en 1897 lors d’une conférence – qu’il avait intitulée La mission de l’artiste – donnée à l’invitation de la Société des amis des beaux-arts de Fribourg. Quelques années plus tard, il écrira dans son essai De l’œuvre: «J’appelle parallélisme toute sorte de répétition de forme, associée à des répétitions de couleurs.» Ce printemps encore, le vénérable Musée d'Orsay consacrait une rétrospective aux Modernités suisses (1890-1914), rappelant que si certains illustres Helvètes étaient relativement méconnus à l’étranger au début du XXe siècle, Hodler fut nommé en 1913 officier de la Légion d’honneur.