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Muqtada Sadr lors d'une conférence de presse en 2015.
© Karim Kadim

scrutin

Un chiite populiste remporte les élections irakiennes

Les résultats quasi définitifs confirment la victoire de Moqtada Sadr, lequel devra former une coalition. Ce chef nationaliste, qui ne s'était jamais présenté, s'est imposé dans un vote à forte tonalité anti-système

Les Irakiens ont créé la surprise en plaçant en tête des législatives le chef nationaliste chiite Moqtada Sadr, qui a aussitôt proposé aux principaux partis de former une coalition gouvernementale. Les résultats ont été publiés dans la nuit de lundi à mardi (heure suisse).

Selon des chiffres quasiment définitifs du scrutin de samedi, le premier ministre Haider al-Abadi, pourtant crédité d'un large soutien international et de la récente victoire face aux jihadistes, est largement distancé.

A ce sujet:  En Irak, les élections de l'après-Daech 

Aucun parti ne peut dominer

Comme le système est calibré pour empêcher toute domination d'un parti, la Constitution stipule qu'il revient au chef de la liste ayant obtenu le plus grand nombre de siège de former le gouvernement. Moqtada Sadr qui n'a jamais concouru dans un scrutin devra choisir celui-ci.

Dans un message en forme de jeu de mots sur Twitter, le leader populiste, a tendu la main aux principales forces politiques, à deux exceptions près: la liste constituée par d'anciens chefs du Hachd al-Chaabi, des supplétifs de l'armée proches de l'Iran, qui arrive en seconde position, et l'ancien premier ministre Nouri al-Maliki, avec lesquels il a un lourd contentieux.

Lire aussi: Six mois après la chute de l’EI, la lente reconstruction de Mossoul

Une attitude différente face à l'Irak

Les deux vainqueurs du scrutin ont adopté dans le passé une rhétorique hostile aux États-Unis, allant même jusqu'à les affronter militairement, avant de faire front commun avec eux pour bouter le groupe Etat islamique (EI) hors du pays.

Cependant ils divergent sur les relations avec le puissant voisin iranien. Moqtada Sadr, issu d'une lignée de dignitaires religieux, est farouchement attaché l'indépendance politique de l'Irak et s'est même rapproché de l'ennemi juré de Téhéran, l'Arabie saoudite. A l'inverse, la tête de liste du Hachd, Hadi al-Ameri et plusieurs autres candidats sont alignés sur la politique iranienne.

Dans un contexte tendu

Ces scores interviennent au moment même où les Etats-Unis et l'Iran sont à couteaux tirés après le retrait par le président américain Donald Trump de l'accord sur le nucléaire iranien.

A ce propos: Trump déchire l'accord nucléaire iranien et plonge le Moyen-Orient dans l'inconnu

En 2014, Washington et Téhéran s'étaient tacitement accordés sur le nom de Haider al-Abadi, écartant son rival au sein du parti Daawa, Nouri al-Maliki, dont le projet de revenir aux commandes a échoué.

Les Etats-Unis et l'Iran se sont abstenus jusqu'ici de commenter les résultats.

Une faible participation

Ces résultats officiels du scrutin peuvent encore varier car le dépouillement se poursuit et la commission électorale se refuse jusqu'ici à communiquer les résultats dans la province kurde de Dohouk.

Elle a également laissé de côté pour le moment les scores dans la région multi-ethnique de Kirkouk, récemment reprise par Bagdad aux Kurdes que les Arabes et les Turkmènes contestent.

En fin d'après-midi Haider al-Abadi a, dans une allocution télévisée, salué «les listes gagnantes» et appelé à «respecter les résultats». Pour ce premier scrutin depuis la victoire sur l'EI, 44,52% des inscrits ont voté selon la commission électorale, la participation la plus basse depuis la chute de Saddam Hussein.

De façon générale, les électeurs ont infligé un camouflet à l'ensemble de la classe politique. L'abstention a été telle qu'un candidat du Hachd est allé jusqu'à plaisanter sur le fait qu'il y avait «plus de participants pour décrocher les affiches de campagne que pour voter».

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