«Nous n’aurions pas osé faire nous-même cette allusion à Woodstock, glisse le patron de Paléo, Daniel Rossellat, ce festival nous avait évidemment marqué, mais nous ne voulions pas verser dans la nostalgie». Le clin d’œil à l’orgie musicale new-yorkaise d’il y a juste quarante ans, ce sont donc les professeurs et étudiants de la Haute Ecole spécialisée (HES) de Genève qui l’ont assumé. Après une imposante tour l’année passée, la HES propose cette année sa mangrove, nom de code «mangroove». Un grand labyrinthe de branches tressées, qui débouche sur une piscine de boue – l’allusion, un brin conceptuelle, au week-end détrempé d’août 1969.

Une partie des étudiants de la HES s’implique dans les questions de prévention, avec un bar santé, des animations et actions de sensibilisation. L’autre, des ingénieurs aux architectes d’intérieur, se dévoue à la conception et à la construction de la structure, installée au nord du terrain, à l’est du Village du monde. Cette année, ce labyrinthe élégant, formant un circuit de 350 mètres au total, est fait de 13 000 tiges de saule déclinées selon une trame hélicoïdale. Manière de souligner «l’écosystème très fragile» qu’est la mangrove, indique le responsable du projet pour la HES, Laurent Essig, et d’illustrer le retour à la terre prôné il y a 40 ans.

Un parcours en chaise roulante

Au centre, outre la boue offerte aux courageux – et une douche pour retourner décemment à la musique –, les étudiants en physiothérapie proposeront un parcours en chaise roulante ou appuyé sur des béquilles, permettant d’évoquer les défis pratiques des handicaps.

Pour cette cinquième participation, l’engagement de la HES genevoise sera en outre analysé, sous forme de sondage, par des étudiants en économie d’entreprise. Ce partenariat mobilise désormais quelque 120 étudiants de huit filières, jusqu’aux clips projetés sur les écrans entre les concerts, ainsi que l’affiche. L’année prochaine, il sera étendu à l’ensemble de la HES de Suisse occidentale.