roman

Un cœur qui vous berce

Olivier Adam publie «Le Cœur régulier». Un roman où l’on retrouve la petite musique de l’auteur de «Falaises», mais dont la teneur laisse sur sa faim

Genre: roman
Qui ? Olivier Adam
Titre: Le Cœur régulier
Chez qui ? L’Olivier, 232 p.

Le Cœur régulier doit beaucoup à un séjour au Japon offert à son auteur Olivier Adam. Le roman lui-même doit beaucoup au paysage japonais qui lui permet de déployer ses descriptions, sensibles: «Dans le jardin en contrebas, éclairé par dix lanternes, tout ruisselle, se liquéfie, se trouble. L’air moite se gonfle de terre, de bois, de pierres et de lichen, de fougères trempées. Un crapaud plonge dans l’étang, brise la surface qui aussitôt se reforme.»

Les familiers d’Olivier Adam retrouveront avec plaisir dans Le Cœur régulier – qui avec 50 000 exemplaires est l’un des gros tirages de la rentrée – la voix propre à l’auteur de Falaises (2005), ses mots et des phrases qui bercent le lecteur et l’entraînent sans difficulté jusqu’au bout du récit.

Mais c’est dans le récit justement que cela se gâte. Tout commence bien dans une étrange brume japonaise où l’on rencontre une Française échouée à l’autre bout du monde dans une petite pension de famille. On croise des désespérés qui se jettent en bas de falaises et enfin un homme mystérieux qui les convainc parfois de n’en rien faire et s’en occupe ensuite avec une sollicitude toute paternelle.

Les éléments d’une narration étrange, étonnante même semblent réunis. Et puis, une foule d’idées convenues débarquent. L’héroïne fuit, comme de juste, un drame survenu en France – le suicide de son frère – ainsi qu’une existence bourgeoise et terne. Elle va, bien sûr – c’est si prévisible qu’on n’y croit à peine lorsque cela se produit –, tenter de se suicider et être sauvée par le paternel Japonais qui lui permettra de se reconstruire peu à peu, de comprendre ce qui cloche, etc., etc.

Si, encore une fois, la sensibilité est au rendez-vous, si certaines observations ne manquent pas de finesse, ce discours perpétuellement psychologisant berce mais ne nourrit pas.

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