On ne prendra pas beaucoup de risques en disant qu’on a ici un livre riche. Parce qu’il montre beaucoup de sophistication – tant au niveau de ce qu’il nous raconte que de la manière dont il le raconte; parce qu’il ouvre la porte à des interprétations variées; et parce que c’est un très bel objet – la maison d’édition genevoise Droz a un savoir-faire consommé en la matière.

On vous parle ici du Cuer d’amour espris, œuvre de René d’Anjou (1409-1480). Celui qu’on a surnommé depuis le «bon roi René» (les soubresauts du Moyen Age finissant ont fait qu’il fut, en ordre dispersé, comte de Guise, de Provence, duc d’Anjou ou encore roi de Naples) aura été un grand mécène et un fin lettré: la beauté du Cuer – son texte le plus célèbre – en témoigne.