Sous la plume de Giosuè Calaciura, un quartier de Palerme et le nœud inextricable de ses venelles médiévales deviennent le décor surnaturel d’un conte. Si des personnages bien campés (les trois adolescents Mimmo, Cristofaro et Celeste) dominent le récit, Borgo Vecchio raconte avant tout l’histoire du peuple qui vit et meurt entre ses murs.

Cruauté et poésie

Un dosage subtil de féerie, de cruauté et de poésie permet à l’auteur de ne jamais tomber dans le kitsch (le personnage de Nanà, un cheval qui parle, était un pari plutôt risqué). Malgré sa brièveté ‒ 149 pages ‒ ce roman possède la dimension d’un opéra. Un authentique mélodrame, populaire et raffiné, sombre mais rieur, qui vous donne instantanément envie de (re)voir Palerme et de lire (car c’est aussi une ode à la littérature et à son pouvoir de susciter des images).