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Un conte sur la fin

«Les Fables de la joie» de Stéphane Blok, une échappée onirique, entre la vie et la mort

La force de la vision, c’est ce que l’on retient d’emblée des Fables de la joie, troisième ouvrage de Stéphane Blok. Le conte démarre à la façon des récits post-apocalyptiques: un homme se décide à sortir du lieu où il se trouve, un tunnel, une sorte de cavité, dont il parvient à défoncer la porte avec une barre métallique. On imagine un accident de la route. Mais le paysage que le personnage découvre une fois à l’air libre change la donne. Dans un brouillard épais se déploie un paysage entièrement blanc, recouvert d’une couche de poussière blanche qui s’avérera être de la suie, «aucune trace de vie, aucun arbre, aucune herbe, aucune couleur, rien».

Méditation sur le vivant

Parfaitement seul, et incapable de se souvenir de ce qui l’a propulsé dans cet environnement, il avance. La description des paysages de collines et de lits de rivières recouverts par cette poudre minérale est saisissante. Au cours de sa pérégrination, il y plonge par mégarde et s’y démène comme dans des flots. Les phases d’espoir et de désespoir s’enchaînent, tandis que de brèves comptines interrompent le récit: des rencontres poétiques entre la nuit et le jour, la montagne et la forêt, comme des brassées de vie, dans cet univers mort. Avant que les rêves et les dédoublements n’écartent les rideaux du décor. Un conte en forme de méditation sur le vivant.


Stéphane Blok, «Les Fables de la joie», Bernard Campiche, 98 pages

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