Dans le monde enfantin imaginé par le bédéaste Philippe Caza, la planète s'est séparée en deux comme une vulgaire orange avant pressage, divisant ses habitants en peuples rivaux: les Pyross et les Hydross. Sur un hémisphère, les Pyross, comme leur nom l'indique, adorent le soleil, le feu, la chaleur. L'eau n'est, pour eux, que mort et désolation. Sur l'autre hémisphère, les Hydross n'ont qu'une source de vie: l'eau et sa fraîcheur. Entre les deux populations, il faut une réconciliation. Il faut une histoire d'amour. Celle, pourquoi pas, de Skän, jeune guerrier Pyross parti en croisade au-delà du désert, et de Kallisto, enfant de la pluie.

Avec ce schéma narratif ultraclassique, sorte de Roméo et Juliette contrarié par la météo, Caza et le réalisateur Philippe Leclerc signent un film pour enfants qui ne les prend pas pour des idiots. Car Les Enfants de la pluie n'est pas une bande-annonce destinée à faire vendre des peluches à Noël. Le style de cette coproduction franco-coréenne échappe agréablement au trait Disney devenu la norme, même chez la plupart de ses concurrents. Caza et Leclerc marchent plutôt dans les traces de René Laloux (La Planète sauvage en 1973, Les Maîtres du temps dessiné par Moebius en 1982, Gandahar dessiné par Caza déjà en 1988). Sans toutefois en retrouver le génie inventif, leur film sans folie restant délibérément (désespérément?) linéaire, prévisible et contrôlé.

Les Enfants de la pluie, dessin animé de Philippe Leclerc et Philippe Caza (France, Corée du Sud 2002).