Duel d’avocats et d’acteurs brillants

La mini-série «Perfect Crime» décrit l’affrontement de deux avocats. Subtile confrontation entre David Tennant («Broadchurch») et Sophie Okonedo, vue dans «La Gifle»

Genre: DVD et blu-ray
Qui ? Mini-série créée par David Wolstencroft (2013)
Titre: Perfect Crime (The Escape Artist)
Chez qui ? Seven 7

D’abord, le titre français, enfin plus ou moins, peut paraître tout à fait ballot. Remplacer The Escape Artist par Perfect Crime a tout de la paresse un rien débilitante, sans rien ajouter sur le plan du sens. A suivre cette courte mini-série de deux parties, dans son édition française – elle existe dans un découpage en trois épisodes –, on peut toutefois juger que l’initiative a sa part de malice. D’une certaine manière, il est bien question de crime parfait. Peut-être même au pluriel.

Le suspense commence par un duel d’honneur et de réputation entre Will Burton (David Tennant) et Maggie Gardner (Sophie Okonedo). Le spectateur est ainsi happé par une belle confrontation de deux talents britannique à leur apogée: très actif au théâtre et en TV, David Tennant a été Doctor Who et a rayonné loin au-delà de la Tamise en 2013 avec ­Broadchurch, dont la deuxième saison vient de triompher en Grande-Bretagne. Vue dans Hotel Rwanda, Sophie Okonedo a notamment joué dans Tsunami: The Aftermath et La Gifle, la série originale australienne. Le choc des deux interprètes se révèle passionnant, d’autant que l’auteur, David Wolstencroft, organise un rebond dans la confrontation.

Will Burton défend un criminel dont la culpabilité ne fait, en réalité, aucun doute. Tout semble démarrer par une poignée de main, que l’avocat refuse d’accorder à son client commis d’office. Au reste, il vient d’être désigné l’avocat numéro un du barreau, ce qui accroît sa concurrence avec Maggie Gardner, elle aussi brillante, et manifestement en vue dans ce petit milieu.

Il se produit alors un drame qui affecte personnellement Will. Le scénario semble dès lors prendre une autre direction, mais ce n’est qu’un détour qui amène à nouveau l’homme et la femme de loi à s’affronter, une fois encore… Le final les rapprochera en apparence, tout en gardant cette sourde rivalité entre eux.

Le scénario de David ­Wolstencroft peut troubler le spectateur à certains moments, donnant l’impression d’un certain flottement, d’une difficulté à prendre une voie ou l’autre. En jouant, de surcroît, sur plusieurs registres: The Escape Artist se présente comme une fiction de justice, avec moult scènes de prétoire, se plaçant alors sur un mode classique.

La thématique judiciaire domine, aussi bien face aux juges et aux jurés que dans les études respectives. Les stratégies de Will Burton, en particulier, sont détaillées dans ses liens et ses calculs avec ses collègues et associés. Puis l’auteur change de tableau.

Mais au fond, la manœuvre revient à mieux rapprocher, et opposer, les deux avocats. Choc sans haine, assumé en raison des règles du métier, et, de toute évidence, avec une forte dose de respect mutuel. Il n’y a pas d’animosité entre les deux ténors du barreau, juste ce tragique jeu de situations et d’enchaînements dramatiques qui les place à nouveau l’un contre l’autre, dans leurs rôles respectifs.

A ce jeu-là, David Tennant et Sophie Okonedo se prêtent avec brio, offrant une nouvelle démonstration de l’excellence du vivier télévisuel britannique.