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Le Grütli en juin 2015, alors lors d’une manifestation de requérants d’asile.
© MAGALI GIRARDIN

Nomination

Un duo féminin dirigera le Théâtre du Grütli

Dès juillet 2018, Nataly Sugnaux Hernandez et Barbara Giongo succéderont à Frédéric Polier à la tête de l’institution genevoise dédiée à la création locale. La diffusion est un des atouts de leur projet

Après Frédéric Polier qui quittera ses fonctions à la fin de cette saison, la direction du Théâtre du Grütli, vitrine genevoise des artistes locaux, sera assurée par Nataly Sugnaux Hernandez et Barbara Giongo. Un duo féminin ayant occupé jusque-là des postes de chargées de production et de diffusion pour deux compagnies qui, de fait, ont beaucoup tourné. C’est d’ailleurs cet aspect qui constitue un des atouts de leur projet et qui a fait la différence auprès de Sami Kanaan, conseiller administratif chargé de la culture.

Dès juillet 2018, les deux directrices vont transformer le Grütli en un «Centre de production et de diffusion des Arts vivants», c’est-à-dire que beaucoup des spectacles à l’affiche auront des dates de tournée dès leur création. Autre innovation? Un bureau des compagnies aidera la centaine de troupes du cru à s’y retrouver dans la jungle des démarches administratives et logistiques. Bienvenue aux grandes sœurs de la profession! 

Non, Nataly Sugnaux Hernandez et Barbara Giongo ne vont pas programmer les spectacles de Yan Duyvendak et d’Oscar Gómez Mata, artistes contemporains dont elles ont été le bras droit durant de nombreuses années. Autant souligner ce point d’entrée pour couper l’herbe sous le pied des détracteurs qui redoutent l’effet «voix de son maître» dans cette nomination.

Mais oui, les deux directrices seront ouvertes aux écritures de plateau, à la danse et aux arts visuels au moment de composer leur programmation. Surtout, elles souhaitent se «mettre au service des artistes et veiller à ce que leur travail soit de qualité». Dès lors, elles imaginent un travail au plateau d’un mois avant la première représentation et, par conséquent, une saison réduite à cinq-sept spectacles contre douze-quatorze actuellement.

Un bureau pour les indépendants

Une diminution qui est aussi le fruit de la nouvelle répartition des tâches entre Ville et canton. Cette répartition prescrit que l’Etat ne subventionne désormais plus la création. D’où l’obligation pour le Grütli, lieu doté de 2 millions de francs, de participer plus largement au financement de chaque projet. «Oui, admet Nataly Sugnaux Hernandez, mais comme nous allons faire de la diffusion simultanée à la création, nous pourrons solliciter l’Etat qui est devenu LE partenaire des tournées.» Bien vu. Et très révélateur des talents de ces deux professionnelles, qui envisagent également d’ouvrir une antenne hebdomadaire au Grütli pour aider toutes les compagnies genevoises sur les plans comptables et administratifs.

Lire aussi: Direction du Grütli, plus que deux candidats en lice

Le texte ne «sera pas boudé»

Et, sur les plans artistique et esthétique, quelle est leur patte? «Il est trop tôt pour donner des noms, mais nous n’allons pas bouder le texte. Il aura sa place sur notre plateau au même titre que des productions moins classiques», rassure Barbara Giongo qui vient du théâtre.

«Ce qui nous frappe surtout, nous qui tournons beaucoup à l’étranger, c’est la spécificité des créations genevoises, une sorte de liberté et d’originalité que l’on ne voit pas partout et que nous allons assister et préserver au maximum», détaille le bras droit d’Oscar Gómez Mata.

A ce propos, Barbara Giongo va-t-elle poursuivre sa mission auprès de la mythique compagnie genevoise? «Non, et je dois faire mon deuil, seize ans, c’est un bail! Mais, vu la mission qu’on s’est fixée, le travail au Grütli ne va pas manquer!». Une mission (répartie sur deux 60%) durant laquelle les directrices espèrent également tisser des liens avec les autres occupants de la Maison du Grütli. «Ce lieu fait très «marché couvert» avec son centre ouvert. Nous allons tenter d’imaginer comment créer un esprit associatif entre les différents partenaires.»

Et comme ces fourmis travailleuses semblent infatigables, elles comptent aussi travailler en réseau avec les (nouveaux) directeurs de la place genevoise dont elles se sentent proches. «Avec Sandrine Kuster, à Saint-Gervais, Claude Ratzé à la Bâtie, le duo Koutchoumov-Maillefer, à la Nouvelle Comédie, etc., nous sommes de la même génération. Pourquoi ne pas imaginer un rapprochement comme le Grand huit lausannois qui relie les théâtres de création?» De grandes sœurs, oui, ingénieuses, bienveillantes et expérimentées.

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