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Créée en 1976, «A bon entendeur» demeure l'emblème du service public.
© RTS/Anne KEARNEY

Télévision

Un «A bon entendeur» coûte 105 000 francs

Opération transparence de la SSR, qui dévoile les coûts de ses émissions et ses fictions

Sur la télévision romande, combien pour un magazine économique comme «TTC»? 70 000 francs. Lundi, la RTS, à l’instar des diffuseurs alémanique et tessinois de la SSR, a publié les coûts de leurs émissions. Opération transparence au moment où la SSR fait l’objet de critiques constantes. Présentés comme des ajouts au rapport de gestion de 2015, ces chiffres sont rendus publics alors que le Conseil fédéral doit produire, avant l’été, un rapport sur le service public audiovisuel et son périmètre.

Les montants indiqués sont censés représenter le coût réel des émissions; ils comprennent les prestations des collaborateurs ainsi que les moyens de production, studios, outils de reportage ou de montage. En terres francophones, la RTS annonce qu’elle consacre au total 36 millions de francs par an pour les émissions d’actualité, dont 29 millions pour les TJ de 12h45 et 19h30.

«PAJU» a son prix

Concernant ses émissions, elle donne des prix par programme. Dans les magazines, «Passe-moi les jumelles» et «36,9°» sont les plus chères, à 200 000 francs chacune pour une heure. La RTS met en avant le «rayonnement» de «PAJU» en raison de sa reprise par TV5 Monde. «Temps Présent» suit ces montants, à hauteur de 155 000 francs pour un ou deux reportages par soirée hebdomadaire de 55 minutes. De même durée, «Mise au point» coûte 120 000 francs, «A bon entendeur» 105 000 francs, mais cette fois pour 38 minutes.

Les divertissements, durant parfois jusqu’à deux heures, tels que «Les Coups de cœur d’Alain Morisod» ou «Générations!», affichent un devis entre 225 000 à 340 000 francs. Les émissions de plateau sont moins coûteuses: «Infrarouge» revient à 45 000 francs. En Suisse alémanique, «Arena» évolue dans les mêmes eaux, à 42 000 francs. La SRF dévoile un budget de près de 53 millions pour ses émissions d’information et de débat, dont 22 millions pour les TJ.

La RTS ne détaille pas la facture des retransmissions sportives, elle signale juste que son rendez-vous généraliste «Sport Dimanche» lui coûte 50 000 pour une heure, et «Au cœur du sport», 30 000 francs.

«Game of Thrones»: 50 000 francs

A propos de la fiction et des documentaires, des domaines plus onéreux, les calculs sont plus complexes, car les financements se révèlent parfois multiples. Dans le cadre d’un «pacte de l’audiovisuel» qui la lie avec l’Office fédéral de la culture, la SSR annonce dans l’ensemble une dépense de 27,5 millions par année de 2016 à 2019. Pour la RTS, l’effort est de 10 millions, dont la moitié vient de son propre budget. Un épisode d’une série propre de la TV romande, en 7 chapitres de 42 minutes – telle que «Station Horizon», citée en exemple – coûte 500 000 francs. C’est l’un des secteurs qui sera touché par les mesures d’économies annoncées en novembre dernier.

S’agissant de la fiction achetée, le droit de diffuser un film de «Box office» revient à 27 000 francs en moyenne, celui d’une série américaine de 50 minutes, entre 4000 et 5000 francs par épisode – soit environ 50 000 francs pour une saison de «Game of Thrones».

Lire aussi: Les scénaristes de «Game of Thrones» sont aussi tordus que leurs personnages

La radio plus modique

La radio, évidemment, coûte moins. Le diffuseur ne donne pas les budgets par émission, mais par canaux: celui de La Première s’élève à 16,1 millions, Espace 2, à 11,4 millions, et Couleur 3, à 5,4 millions. Cela ne comprend pas l’information radio, traitée à part, qui pèse 19,7 millions. Les stations radio aussi seront soumises a des coupes.

Ayant diffusé ces chiffres, la SSR pourra se targuer de sa franchise. Elle veut aussi mettre en avant l’importance du coût de ses productions propres, alors que certains de ses adversaires mettent en cause la diffusion de sports, de films ou de séries, jugés hors des obligations du service public.


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