Scènes

Un esprit de gala régnera à La Bâtie

Pour sa première édition comme directeur du grand rendez-vous de la rentrée genevoise, Claude Ratzé propose un bouquet chaleureux et séducteur. Premiers conseils

Qui a dit que le festival de La Bâtie était sec? Qu’il activait les neurones davantage que les sens? A la tête du rendez-vous de la rentrée genevoise, Claude Ratzé a dévoilé mercredi une édition qu’il veut charnelle, c’est-à-dire épidermique et spirituelle, provocante et fervente. Le symbole de cet esprit? Gala, invitation à remuer le ciel, la terre, les enfers, à danser sur les braises, signée Jérôme Bel, cet artiste français malin qui d’un concept fait un mouvement. La pièce lancera la 42e édition de ce rallye estival, qui courra du 30 août au 16 septembre.

Des grands-messes artistiques

Virage esthétique alors? Rupture avec l’ère d’Alya Stürenburg Rossi, qui a tenu la maison pendant une décennie? Pas sur le fond, non, mais sur l’emballage à l’évidence. Jetez un œil sur le visuel: fini, les pâtes de dentifrice psychédéliques ou les ours goguenards dessinés à l’encre rouge; à la place, une main soulève un pull bleu qui révèle un dos d’amazone. Dans cette volonté de séduire et de rassembler large, Claude Ratzé a aussi misé sur des spectacles en forme de grand-messe, ceux qui électrisent des salles de 600 à 1000 spectateurs.

Dans ces artistes qui sèment la foudre, il ne faudra pas manquer le chorégraphe britannique Hofesh Shechter et son Grand Finale, au Bâtiment des forces motrices. Il faudra aussi courir à Annemasse découvrir les interprètes sidérants de Dimitris Papaioannou, l’artiste qui a réglé le spectacle d’ouverture des Jeux olympiques d’Athènes en 2004. The Great Tamer est le livre de ses songes. Ces deux-là n’étaient jamais venus à Genève, souffle Claude Ratzé. Contrairement à Raimund Hoghe, ce mage des planches, collaborateur proche de Pina Bausch. Dans Canzone per Ornella, il célèbre son idole Pasolini avec la danseuse Ornella Balestra.

La carte jeune

La Bâtie, petite sœur des scènes institutionnelles. C’est cette alliance que Claude Ratzé a voulu sceller avec les enseignes qui scandent la saison genevoise. Le Poche et le Théâtre Saint-Gervais, désormais dirigé par Sandrine Kuster, accueilleront ainsi dès le 31 août des pièces brèves, fruits d’une commande du festival. Le principe? Un jeune artiste de la Haute Ecole romande des arts de la scène, par exemple, s’allie à un créateur plus aguerri, musicien ou plasticien.

Autre ricochet, avec la Comédie cette fois. La scène du boulevard des Philosophes propose une série de créations autour de Mademoiselle Julie d’August Strindberg, histoire de saluer une version mémorable de la pièce signée Matthias Langhoff en 1989. La Bâtie invite à écouter les acteurs de cette production fameuse, François Chattot, Laurence Calame et Martine Schambacher. Ils liront une «suite» au drame, écrite par Langhoff lui-même.

Mélange des genres au Club

Le Club promet des soirées frappadingues avec par exemple le trio Charly Voodoo, Julien Fanthou et Miss Morian: il devrait vous faire perdre la tête le dimanche 9 septembre dès 23h, avec Cerbera Mutanta. Le chef Cédric Riffaud régnera sur les marmites à la tête d’un restaurant à l’adresse encore mystérieuse. Claude Ratzé a voulu qu’il y en ait pour tous les goûts. On n’hésitera pas à se resservir.


La Bâtie-Festival de Genève, du 30 août au 16 septembre.

Renseignements: www.batie.ch

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