Feulletonistes

Un extraît de Fantômas

Un extrait de «Le train perdu»

Fantômas était bien comme il l’avait dit, devant elle, moulé dans son maillot noir, ganté de noir, le loup noir au visage, impassible, immobile; silhouette de mort, silhouette impressionnante, qui eût donné froid au cœur le plus intrépide.

Alice Ricard, en apercevant le Maître de l’effroi, tombait presque à genoux, c’était en se traînant qu’elle s’avançait vers lui.

– Fantômas! Fantômas! bégaya la jeune femme qui ne savait même plus ce qu’elle disait au juste, Fantômas, je suis venue seule… mon mari…

A cet instant, on eût dit qu’un coup de foudre frappait brusquement Fantômas.

De dessous son loup noir, à la hauteur de ses yeux, deux rayons de feu partaient, qui trouaient la nuit, frappaient en plein visage la malheureuse Alice Ricard!

Quelle était encore cette mise en scène? Quel truc avait inventé Fantômas?

Sans doute, sous son masque, il avait caché deux fines ampoules électriques, qu’il venait d’allumer à l’improviste. C’était en tout cas affolant. Ces yeux jetaient des éclairs, ces traits de feu partant de cette silhouette

de nuit, apparaissaient sataniques, comme des flammes issues d’un enfer affreux!…

Le train perdu. Fantômas tome 1, page 86. Collection Bouquins, Robert Laffont.

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