Si le Festival de Lucerne pavane dans la cour des grands, c'est parce qu'il a su conjuguer fidélité et renouvellement, comme tout festival qui se respecte. Les fidélités sont celles qui le lient aux Orchestres philharmoniques de Berlin et de Vienne (rien que ça!) et à leurs chefs successifs. Fidélité à l'excellence donc, qui se lit aussi dans une programmation de musique de chambre et de récitals avec les artistes les plus marquants. Quant au renouvellement, il provient de la programmation, toujours ordonnée autour d'une thématique chaque année différente.

Cette fois, le Festival international de musique de Lucerne tourne autour du thème de la fête. Le mot lui-même est inscrit dans l'étiquette «festival». Et pour que les réjouissances soient particulièrement opulentes en cette année d'inauguration, la manifestation lucernoise reçoit en guest stars ses deux confrères les plus réputés d'Europe: Bayreuth et Salzbourg. Le premier vient avec son orchestre, son chœur, ses distributions ainsi que ses chefs Levine et Barenboim. Levine dans les Actes II et III du Crépuscule des dieux (le 30 août), Barenboim pour la fête du IIIe Acte des Maîtres chanteurs de Nuremberg (le 31 août).

Quelques jours plus tard, Salzbourg débarque à son tour avec un morceau de choix (en première suisse!), le Saint François d'Assise de Messiaen, l'un des chefs-d'œuvre lyriques de ces trente dernières années, avec Nagano, avec José Van Dam, qui créa le rôle-titre en 1983, mais sans la mise en scène de Sellars (lire en pages 10 et 11).

Au chapitre des fidélités, les Philharmonies de Berlin et Vienne ne font évidemment pas défaut. La première, sous la direction d'Abbado, donne deux fois le concert inaugural (la 9e Symphonie de Beethoven les 19 et 20 juillet, en direct sur TSR2 le 19) avant un programme Mozart-Bruckner (le 21 juillet). Pour sa part, la Philharmonie de Vienne s'en vient clore le festival avec Maazel et des programmes Bruckner, Mahler et Sibelius (les 14, 15 et 16 septembre).

Mais il y a une vie après ces deux orchestres. C'est ainsi que la Philharmonie de Saint-Pétersbourg (les 28 et 29 août), le Los Angeles Philharmonic (les 3 et 4 septembre), le Concertgebouw (le 5), le BBC Symphony, le Gewandhausorchester (les 8 et 9) et le Chicago Symphony Orchestra (les 11 et 12), qui ne sont pas de petits orchestres, et de loin, explorent eux aussi la nouvelle acoustique pour le plus grand avantage des mélomanes. L'OSR y passe aussi avec Holliger, compositeur en résidence dont des œuvres sont au programme les 22, 29 août, 2 et 5 septembre.

Que ce soit dans la Konzertsaal ou en d'autres lieux, les artistes viennent à Lucerne en solistes (Barenboim le 23 août, Anne-Sophie Mutter le 25, Pollini le 27, Cecilia Bartoli le 10 septembre ou Andras Schiff le 16), en quatuor (les Berg le 6 septembre, les Vermeer le 13) ou en petit comité (la Camerata de Berne les 23 et 24 août, les Festival Strings le 12 septembre). Et pour ajouter encore au caractère orgiaque de cette année pas comme les autres, une série de concerts «zum Fest» satisfera les noceurs les plus obstinés, répartie entre le Big Band de Lausanne, des fanfares roumaines (lire le Samedi Culturel du 18 juillet), un ensemble de flamenco, des groupes de musique byzantine ou suédoise… Tout cela au cas où vous n'auriez toujours pas compris que l'heure est aux réjouissances.

Rens. et location au 041/ 226 44 80 ou 022/ 736 42 11. http://www. LucerneMusic.ch