L’occasion faisant le larron, l'association Post Tenebras Rock (PTR), haut lieu des musiques alternatives à Genève, a dévoilé jeudi la mise sur orbite d’un festival folk qui se tiendra en novembre entre la Salle Centrale Madeleine et le Chat Noir, à Carouge. «En début d’année, j’ai eu un coup de foudre pour le premier album du Lyonnais Théo Charaf, raconte Antoine Minne, programmateur à PTR. Mais comme face aux incertitudes il était difficile de le programmer au printemps, on a décidé d’attendre l’automne, en se disant qu’il serait bien de monter autour de lui une vraie soirée folk, en dehors du cadre de L’Usine.»

Apprenant que la salle située au pied de la Vieille-Ville était disponible deux soirs, le programmateur et musicien, que l’on connaît aussi sous le nom de DJ Zebra, a gentiment commencé à caresser l’idée d’un festival. C’est alors que le Chat Noir, qui travaillait sur une création unique, s’est greffé au projet, donnant naissance au PTR Folk Fest. Antoine Minne avait d'abord pensé appeler l’événement Walk the Line, du nom d’un morceau de Johnny Cash, mais un festival transfrontalier avait eu cette idée avant lui. PTR Folk Fest a au moins le mérite d’annoncer clairement ses intentions. «En dehors du First Folk Festival, qui deviendra ensuite Paléo, j’ai l’impression qu’il n’y a jamais eu d’autres manifestations entièrement dévolues au folk», avance le Français.

Des airs de Greenwich Village

«Quand on parle de folk, on pense tout de suite musique américaine. Il y a quelque chose de nostalgique, on se souvient des débuts de Bob Dylan et Joan Baez. Mais le genre n’a jamais cessé d’être réactualisé, par exemple lorsque Beck l’a mélangé au hip-hop.» Le but de PTR n’est pas de se poser en puriste. L'association défend non seulement une multiplicité des approches, entre acoustique et électrique, projets en solo et aventures collectives, mais aussi la richesse de la scène régionale puisque, en marge de Théo Charaf – songwriter qu’on devine influencé par le Harvest de Neil Young – et de son compatriote H-Burns, qui viendra présenter en compagnie d’un quatuor à cordes un album en hommage à Leonard Cohen, la plupart des artistes sont Suisses.

Folk tendance bluegrass pour les Genevois de The Long John Brothers, en mode lo-fi avec le groupe de l’incontournable Chaux-de-Fonnier Louis Jucker, harmonies vocales façon Simon & Garfunkel du côté des deux sœurs irlando-genevoises The Woodgies ou encore mélancolie feutrée chez la Valaisanne Melissa Kassab: la Salle Centrale Madeleine aura des airs de Greenwich Village, tandis que le Chat Noir clôturera ce premier Folk Fest avec le Genevois Monney B, guitariste et chanteur de Los Gatillos et Hell’s Kitchen, et une excitante création. Autour du troubadour lyonnais Fred Raspail, l’International Social Club réunira des musiciens argentins, allemands et suisses. «On n’a pour l’heure aucune idée du résultat car tout sera écrit et composé lors des répétitions.» Et Antoine Minne de préciser encore qu’en matière de passe et de mesures sanitaires l’accès aux salles sera soumis aux mesures imposées par la Confédération et le canton.


PTR Folk Fest, les 11 et 12 novembre à la Salle Centrale Madeleine, à Genève, et le 13 au Chat Noir, à Carouge.